Sortie 67, dernier arrêt…

Sortie 67, le film de Bastien Jephté, lève le voile, avec simplicité et réalisme, sur le quotidien trouble des membres de gangs de rue, ces enfants de la violence aveuglés par la haine et la peur.
«On vient tous avec un billet de retour», affirme, menaçant, l’un des personnages du film Sortie 67. Un billet de retour ou une date d’expiration malléable, une vie souvent écourtée lorsque l’on trempe dans l’illégalité, que l’on côtoie les gangsters de la ville et que l’on est submergé de haine et de rancœur depuis l’enfance.
C’est de vengeance, de trahison et de violence dont il est question dans ce film, mais aussi d’amour, d’espoir et de rédemption. Tourné à Montréal, Sortie 67 fait référence à la ligne d’autobus numéro 67 couvrant la rue St-Michel et son quartier difficile.
C’est l’histoire de Ronald, un métis haïtien québécois qui, enfant, voit son père assassiner sa mère à coups de marteau et jure de se venger. Transporté d’une famille d’accueil à une autre, il grandit et devient une cible tout désignée pour les recruteurs de gangs de rue. Violence, trafic de drogue et meurtres envahissent bientôt sa vie. Une vie dont il souhaite finalement se défaire en prenant par le collet son destin de père et d’homme et en refusant la poursuite d’une vie de misère. Une décision évidemment lourde de conséquences.
«Ce qui façonne un homme n’est ni le quartier dans lequel il a grandi, ni la façon dont il a commencé sa vie, mais ses choix», peut-on entendre dans ce film qui en fait la nette démonstration. Un film de la rue montrant le quotidien des trafiquants sans scrupule qui revendiquent, au nom d’une fausse loyauté, un respect qu’eux-mêmes n’ont pour personne. C’est la loi du plus fort et le règne de la terreur qu’on met, et de façon plutôt juste, en images. Un film de gangsters noirs québécois, une première dans le registre, plutôt réussi.
Si Sortie 67 trace un portrait réaliste d’un mode de vie qu’on préfère ne pas connaître, sa conclusion bordée de soleil laisse supposer que, même dans les tréfonds du mal, se cachent quelques parcelles d’humanité et d’espoir.
Un film touchant.
Sortie 67 : Dès le 5 novembre 2010 dans les salles du Québec
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