Le Musée des beaux-arts du Canada acquiert neuf estampes rares de Rembrandt, Dürer, D.Y. Cameron, Piranesi et Whistler

Grâce à un don provenant de la collection de Margaret Wade Labarge (1916-2009), Ph. D., ancienne historienne du Moyen Âge, auteure, chargée de cours et membre de l'Ordre du Canada, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) a acquis quatre estampes du Hollandais Rembrandt van Rijn; deux de l'Allemand Albrecht Dürer; une du Britannique David Young Cameron; une de l'Italien Giovanni Battista Piranesi et une de James McNeill Whistler, né aux États-Unis mais établi en Angleterre. Les neuf œuvres sont présentées dans le cadre de l'exposition L'art de l'estampe. Acquisitions récentes de Rembrandt à Picasso, à l'affiche jusqu'au 2 janvier 2011, dans la salle C202B.
Les neuf estampes d'une exceptionnelle rareté données à la collection du MBAC sont :
Rembrandt van Rijn (1606-1669), Le Moulin, 1641. Les spécialistes de Rembrandt ont cru pendant longtemps que cette eau-forte finement détaillée représentait le lieu de naissance de l'artiste; on sait maintenant que ce n'était pas le cas et que le moulin, alors situé en banlieue d'Amsterdam, était utilisé pour la fabrication de peaux de chamois. L'œuvre vient enrichir la collection de paysages du maître hollandais que possède le Musée. Le don comprend aussi deux des portraits à l'eau-forte les plus convoités de Rembrandt, Clement de Jonghe, 1651, et Lieven Willemsz. van Coppenol : maître calligraphe, la grande planche, v. 1658, tiré v. 1790, ainsi que Le Christ apparaissant aux apôtres, 1656.
Albrecht Dürer (1471-1528), Saint Jérôme dans son étude, 1514. Image d'une vie consacrée à la contemplation, cette estampe est connue comme l'une des trois « gravures maîtresses » de l'artiste allemand de la Renaissance. Les deux autres — La Mélancolie I, 1514, et Le chevalier, la Mort et le diable, 1513 — font déjà partie de la collection du Musée et cette acquisition complète donc la série. Le don inclut aussi La Nativité, 1504, de Dürer, une gravure qui témoigne du talent de l'artiste dans l'art de la perspective architecturale. L'estampe s'ajoute à Adam et Ève, une œuvre produite la même année par l'artiste. Considérée comme une étude des proportions humaines idéales, cette gravure fait également partie de la collection du Musée.
Sir David Young Cameron (1865-1945), Saint-Laumer, Blois, 1903. Bien que David Young Cameron soit aujourd'hui presque tombé dans l'oubli, l'artiste écossais était tenu, durant sa vie, pour l'un des chefs de file de la « renaissance de l'eau-forte ». Cette estampe exceptionnelle, qui présente une vue mystérieuse et atmosphérique de l'intérieur d'une église, vient enrichir le fonds d'œuvres britanniques du Musée, l'un des points forts de sa collection d'estampes.
Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), La fontaine de Trevi, 1751. Piranesi est renommé pour ses gravures de vedute (ou vues) de Rome. Quand il grave cette estampe de la fontaine de Trevi, en 1751, la construction du monument est presque achevée. L'œuvre s'ajoute à d'autres célèbres vedute de cet illustre artiste italien détenues par le Musée.
James McNeill Whistler (1834-1903), La Cuisine, 1858. En août 1858, Whistler parcourt la France pour réaliser une série d'eaux-fortes qui deviendra connue sous le nom de « French Set » (La suite française). Il produira de nombreuses scènes de cuisine rustique comme celle-ci.
La donatrice, Margaret Wade Labarge
Feue Margaret Wade Labarge est née à New York et a obtenu un baccalauréat en littérature à Oxford en 1939. Elle a connu une brillante carrière à titre de spécialiste du Moyen Âge et a été chargée de cours à temps partiel au Collège Notre-Dame de l'Université d'Ottawa et à l'Université Carleton dans les années 1940, 1950 et 1960. Elle a rédigé neuf ouvrages, dont des biographies de Saint Louis (1968) et d'Henri V d'Angleterre (1975). Récipiendaire de trois doctorats honoris causa, elle a été nommée membre de l'Ordre du Canada en 1982, et ce, tant pour son travail d'historienne que pour son bénévolat dans le secteur des soins infirmiers et des personnes âgées. Elle est décédée à l'âge de 93 ans en août 2009.
La collection Wade Labarge
La collection Wade Labarge a vu le jour au début du 20e siècle. C'est le père de Margaret Wade Labarge, Alfred B. Wade, ancien courtier en valeurs mobilières new-yorkais, qui a acquis la majorité des pièces de la collection.
(Source : CNW - Image : http://twitter.com/#!/beaux_arts_ca)
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