
Les festivals se terminent et plus grand-chose à se mettre sous la dent en cet étouffant moi de juillet. Le venue des californiens de Fool’s Gold tombe à point nommé pour célébrer la chaleur de l’été. Après Tinariwen au moi de mars à la Tulipe et Salif Keita il y a quelques semaines aux Francofolies, on commençait à être en manque de sonorités africaines…
L’orchestre (que je ne connaissais pas il y a encore semaine) emmené par le chanteur israélien Luke Top nous aura fait voyager en contrées africaines le temps d’une soirée. Leur musique est une réelle surprise… Une bande d’angelnos (tous d’origines très différentes) vendus aux charmes des musiques traditionnelles maliennes. Point ici de distorsion et de riff ravageurs… Les Fool’s Gold ont troqué leurs atours de rockeurs contre des percussions traditionnelles et des gammes raffinées.
Et le buzz autour du groupe est une aubaine pour donner envie aux jeunes générations de découvrir tout un pan de la musique auquel le rock doit tant. Peut-être que grâce à eux les faiseurs de la hype urbaine accorderont plus d’intérêts à des artistes comme Salif Keita.
Peut-être est-ce réducteur de le dire, mais leur musique doit presque tout aux deux artistes précités. Ces mecs ont du jammer sur Mandjou (chef d’œuvre de Keita) pendant des heures tant ils semblent imprégnés jusqu’à la moelle de ces sonorités qui ont offert au continent noir un de ses plus bel hymne. Sur un morceau comme Ha Dvash, en fermant les yeux on pourrait presque imaginer Ibrahim ag Alhabib (leader de Tinariwen) et ses guerriers du désert jouant pour nous sur la petite scène du Belmont. Et pourtant quant on les ouvre, on ne rêve pas, se sont bien de jeunes gens modernes habillés façon hypsters qui nous font face.
Le guitariste Lewis Pesacov n’a pas son pareil pour griffer ses cordes à la façon des guitaristes touaregs. Très mélodique, son jeu de guitare est sûrement l’apport déterminant au son de Fool’s Gold.
Ouvert sur le morceau en forme de jam Night Dancing, le concert a tenu toutes ses promesses. Le public enthousiaste n’en finit plus de danser et de sauter dans tout les sens. Le chant en hébreu du bassiste séduit. Un saxophone apporte une touche sexy en s’unissant aux mélodies de la guitare. La section rythmique est assurée par une batterie traditionnelle et un percussionniste qui martèle congas et doums-doums à un rythme effréné. Et lorsque résonne la mélodie de Surprise Hotel, leur single, le public exulte. Pendant prés d’une heure, ce jeune groupe plein d’avenir aura su tenir en haleine un jeune public qui on l’espère fera l’effort de télécharger sur son ipod les albums de Keita et d’Ali Farka Touré…
Mathieu Germain.
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