
Frédérick Gravel présente jusqu’à ce soir sa nouvelle création Tout se pète la gueule, chérie, un savant mélange d’épisodes dansés et de discussions qui nous fait réfléchir sur le processus de création en danse contemporaine. Le résultat, une salle qui rit, des personnes qui partent, d’autres qui restent pour voir jusqu’où les interprètes peuvent se rendre… et pour le bonheur de certains, très loin! C’est party pour un spectacle folk et cowboys où l’art devient un jeu pour l’homme!
Une salle bondée attendait avec impatience cette nouvelle création de Frédérick Gravel. Ce danseur et chorégraphe travaille depuis 2005 au Laboratoire de recherche en technochorégraphie de l’UQAM et dirige le GAG, Grouped’ArtGravelArtGroup et ses Works in progress. Il avait su mettre sa touche artistique au FTA 2009 grâce au Gravel Works qui ressemblait plus à des spectacles rock. Cette année, il revient avec un relent de mâle western, une sorte de composition sur la relation homme-art avec au programme, trois danseurs (Frédérick Gravel, Nicolas Cantin et Dave St-Pierre) qui interprètent un patchwork de numéros rafraichissants au rythme des sons de Stéphane Boucher.
On aime les séances anthropologiques de la drague, sortes de combinaisons insolites de mouvements tantôt langoureux, tantôt brusques et hargneux, qui rentrent dans le cadre d’une étude concluant que les danseurs créés dans le but de pouvoir draguer (cf. étude inconnue citée par Frédérick Gravel). On aime les pseudo cowboys, la mise en scène décontractée et quasi interactive dans la salle. En y repensant, on peut même se demander si cette mise en scène parfois insolite n’est pas orchestrée pour rehausser les solos, duos ou trios interprétés avec beaucoup de talent et d’émotion.
Bien sûr, ce work in progress ne serait pas ce qu’il est sans le passage marquant de Dave St-Pierre, « l’enfant terrible de la chorégraphie ». Un passage nu pour le moins incroyable. On peut s’étonner de voir à quel point le rire peut soudain laisser place à la concentration; comment un changement de contexte peut soudain outrepasser le ridicule pour révéler la beauté du geste. OK, certains passages osés ont plus fait fuir certains spectateurs que conquis le public. Mais au moins, le danseur « va jusqu'au bout »!
Une mention spéciale à Stéphane Boucher et ses passages électro qui n’ont certainement laissé personne indifférents.
Une pièce à voir, par curiosité et par plaisir!
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