Nate Ruess au Théâtre Corona: du bonbon pour les yeux et les oreilles

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C'était un mardi soir. L'un de ces tout petits mardis plutôt froids que l'on passe généralement devant la télé. Le soir d'un de ces concerts où l'on se rend sans trop d'attentes et qui soudainement, se transforme en suite de petits moments parfaits. Aux côtés du talentueux Nate Ruess - le chanteur de la populaire formation «Fun» - le voyage musical s'est fait tout en crescendo, impeccablement. Retour sur une petite soirée devenue grande.

Modeste et talentueux

Nate Ruess est une bête de scène. Flanqué de six amis musiciens (4 garçons et deux jolies filles bourrés de talent qui allaient passer la soirée à troquer leurs divers instruments comme si c'était la chose la plus facile à faire au monde), il est apparu sur scène avec ce grand sourire qui n'allait plus le quitter du spectacle. Un sourire sympathique et franc, toujours aussi émerveillé de se retrouver sur une scène, même petite.

Car Nate Ruess aurait pu, considérant le succès qu'a remporté au cours des dernières années le groupe "Fun" dont il fait partie et dont les membres s'accordent aujourd'hui une petite pause, oublier de faire preuve d'humilité devant la foule plutôt modeste qui l'attendait au théâtre Corona. C'est sans doute ce qui distingue les grands artistes des autres; cet abandon et ce bonheur total de se trouver sur scène, que ce soit celle de stades et de grands festivals ou de petites salles combles à demi.

La soirée s'est déroulée ainsi, dans un amalgame idéal de pièces tirées de «Grand Romantic», l'album solo de Ruess lancé plus tôt cette année, du populaire album «Some Nights» de Fun et de quelques chansons écrites du temps de son tout premier band, «The Format». Le tout livré avec une énergie et une bonne humeur assurément contagieuse.

«Bonjour! J'ai une confession à vous faire: Dieu que j'aime Montréal! En fait, je suis obsédé par Montréal, a-t-il déclaré en début de concert. Depuis que je suis venu tourner un vidéo ici, je suis amoureux de votre ville. Je compte bien y passer quelques jours d'ailleurs et comme je n'ai pas eu de concert hier et que je n'en ai pas demain, je prévois chanter ce soir à en perdre la voix!»

Entre deux pas de danse et plusieurs tourbillons dans les airs, l'artiste est revenu souvent sur cette affection qu'il a pour Montréal au cours du spectacle, expliquant qu'il avait même tenté de convaincre sa copine d'y déménager, malheureusement en vain.

Le charisme comme le talent de Nate Ruess est indéniable; sa voix puissante rappelant tantôt celle du légendaire Freddie Mercury, tantôt celle d'un jeune Elton John (d'où le choix de la seule chanson-reprise de le soirée, une «Rocket Man» joliment livrée).

«Je suis venu jouer à Montréal il y a 12 ans avec mon band «The Format», s'est-il remémoré avant d'entreprendre la chanson «She Doesn't Get It» tirée de leur album «Dog Problems» sorti en 2006. «C'est une chanson sur les «one night stands» ou du moins sur ce à quoi je me suis imaginé que cela pouvait ressembler, car cela ne m'est évidemment jamais personnellement arrivé», s'est-il moqué, ses yeux bleus perçants luisants de sarcasme.

Des moments précieux

Lorsque Nate a livré sa nouvelle balade «What This World Is Coming To», il ne semblait soudainement ne plus avoir que sa voix musclée qui s'appropriait chaque recoin de l'air. Idem lorsqu'il a chanté «Nothing Without Love».

«Si mon dernier spectacle à vie se tenait à Montréal, cela me rendrait heureux», a-t-il lancé du haut du piano sur lequel il est grimpé à plusieurs reprises, souverain, théâtral et taquin.

Lors de la très belle «Just Give Me a Reason», le chanteur s'est permis d'interrompre la mélodie le temps de se remémorer cet appel de Pink à la naissance du projet. «J'ai le droit de l'appeler Alecia, moi», a-t-il ajouté, moqueur.

«Merci de nous donner la chance de revenir à Montréal, c'est un endroit si spécial pour moi», a-t-il à nouveau insisté avant de pousser les premières notes de «We are Young» puis de «Some Nights», les deux pièces les plus connues et visiblement les plus appréciées des fans de «Fun». Une façon parfaite de conclure un petit spectacle rapidement devenu grand.

(par Sarah-Émilie Nault)

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