Misteur Valaire rend fou le National

Catégories:

«Y’a des soirs où ça s’passe, et ce soir, ça s’passe! Y’a des soirées juste comme ça», a lancé Luis Clavis, virevoltant et agité, résolu à ne pas tenir en place une seconde sur la scène du National, vendredi soir. «C’est l’temps de te dénouer les jambes, c’est l’temps que le funk te sorte par les oreilles, c’est l’temps que ce bas du corps là se dénoue, parce que là, faut que ça get funky», a-t-il ajouté avant de tout faire basculer (la soirée, la foule, la prestation, l’ambiance…) dans ce monde enchanté et réjouissant qu’est celui, unique, de Misteur Valaire.

Un retour en force

Au sujet de ce duo de spectacles présentés au National ces 21 et 22 mars, Louis-Pierre Phaneuf, François-Simon Déziel, Jonathan Drouin, Julien Harbec, Thomas Hébert et leurs cinq excentriques alter egos avaient promis «deux soirs de shakage de mobilier et de fêtage comme si y’avait pas d’lendemain». Si l’on se fie aux jambes remuantes, aux bras brandis au ciel, aux nombreux pas de danse et aux cris de joie des fans trépidants sur le modeste, mais chaleureux "dancefloor" du National, oh que oui, le quintette a tenu, hier soir, ses belles promesses !

Un xième soir de fête donc, à célébrer la sortie de «Bellevue», ce quatrième opus, ce petit dernier, déjà âgé de sept mois. Le même son quasi inexprimable, amalgame d’électro-rock-jazz festif et astucieux. Une salle plus intime que le Métropolis, envahi quelques jours après la sortie de l’album, et un National heureux du retour de MV qui a parcouru les routes d’Europe et celles du reste du Canada.

Simple et enlevant

Nul besoin de fastidieux décors, de pétards ou de grands déploiements pour impressionner et éveiller une foule façon Misteur Valaire. Il suffit d’un drap blanc révélant d’abord cinq musiciens vêtus sobrement -de noir et de blanc uniquement-, quelques tubes de couleurs égayant une scène remplie de mystérieux instruments, un drapeau à l’image de «Bellevue» hissé au moment opportun, cinq vestes aux dos lumineux, quelques invités et un entrain proportionnel à la folie signée Misteur Valaire.

Difficile de mettre en mots une ambiance aussi électrique, une soirée aussi parfaite à tous les niveaux. Aussi difficile peut-être que de définir avec justesse le son de ce groupe qui a su se tailler une place bien à part dans l’univers musical québécois. Aussi ardu, j’imagine, que de se questionner à savoir "Mais qu'est-ce que la planète attend pour se tirailler autant de talent ?"

Si le pari de la bande de Misteur Valaire était de délier les jambes, de rabibocher les coeurs et de faire fondre, le temps d’une soirée folle, ce foutu long hiver, elle peut dire aujourd’hui que ce fut réussi.

Et toi qui a tout manqué et qui lis ceci tristement, larmes pointant au coin des yeux, sèches tes pleurs et réjouis-toi: Misteur Valaire répète l’exploit ce soir (samedi le 22 mars) sur la scène du National.

Pour plus d’infos et pour suivre Misteur Valaire : http://mv.mu/accueil

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Google icon

Ajouter un commentaire