«Midsummer» à la Petite Licorne : est-ce que ça vous dirait de vivre, un instant ?

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07 mars 2012 - 00:00
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L’Écosse revient par la grande porte à la Petite Licorne pour le prochain mois. En réunissant les acteurs-chanteurs Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant, dont la complicité est aussi palpable qu’à l’époque de leur collaboration dans le film Borderline, le metteur en scène Philippe Lambert a trouvé le duo parfait pour interpréter le texte de David Greig (formidablement traduit par Olivier Choinière) et les chansons de Gordon McIntyre. Midsummer est un petit bijou venu de l’étranger.

Ironiquement, l'histoire de David Greig a le pouvoir de plaire aux romantiques et aux plus cyniques. Sans jamais prendre parti, Greig s’attaque aux codes des histoires d’amour hollywoodiennes avec tendresse, tout en caressant l’étincelle relationnelle avec lucidité.

Dans Midsummer, deux êtres que tout sépare tombent l’un sur l’autre dans un bar d’Édimbourg, un vendredi soir du solstice d’été. Lui, petit bum sans envergure, il attend quelqu’un pour faire une passe croche de plus. Elle, avocate spécialisée en divorce qui s’est juré de n’être la « grosse vache » de personne, elle attend son amant pour cocufier une femme mariée de plus. Ils finissent par passer la nuit ensemble, avant de se laisser transporter dans une course contre la montre, une séance de bondage japonais, des menaces de mort et les pleurs d’un enfant traumatisé. Mais u-delà de leurs aventures follement rafraichissantes, les deux mi-trentenaires affrontent une grande question existentielle : « C’tu ça qui est ça ? ».

Ode à l’envie de lâcher prise, de tout recommencer, d’écouter la petite voix d’enfant qui nous chuchote qu’il existe autre chose, ailleurs, quelque part, qui nous convient sûrement, Midsummer nous invite à chercher ce territoire où la réalité brutale ne nous échappe pas, mais où on a le loisir de lui donner une nouvelle saveur.

Les neuf chansons folks interprétées et gratouillées par Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant sont d’une irrésistible simplicité. Jamais trop présentes, ni trop clichées, elles sont écrites et traduites avec tant de vérité et de talent que l’histoire ne peut faire autrement que d’en profiter. Les voix des deux interprètes se marient à merveille, nous laissant l’impression que s’ils enregistraient le tout sur cd, nous courrions les acheter sur le champ. Pendant que Brillant est doux, brut et solide, Blais est divine, incandescente et incroyablement charmante. Les deux acteurs vibrent d’authenticité et de candeur, pour notre plus grand bonheur.

L’astucieuse utilisation des accessoires, l’ingénieuse présence des ombres chinoises, la direction d’acteurs homogène et le rythme accordé à l’ensemble de l’œuvre ne sont que quelques-uns des éléments qui démontrent l’étendue du talent du metteur en scène Philippe Lambert.

Drôle, touchante, agréablement prévisible et follement surprenante, Midsummer nous laisse avec le sourire aux lèvres, la larme à l’œil et l’envie irrépressible d’aller prendre une énorme bouchée de cette chose que l’on appelle la vie.

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