McCartney au Centre Bell, de classique en classique

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Paul McCartney était de retour au Centre Bell moins d’un an après son dernier passage, mardi, à la grande satisfaction de ses nombreux fans et encore une fois, l’ex-Beatle a été étincelant.

Le Liverpudlien, de ses 69 ans bien sonnés (et bien portés), a entamé le spectacle peu avant 9 h avec « Hello Goodbye », interprétée avec justesse mais à laquelle la sono n’a pas rendu justice. Durant cette pièce et la suivante, « Junior’s Farm », sa voix, qui à la base ne manque pas de puissance, se perd parfois dans les hauteurs de l’amphithéâtre.

Heureusement, dès le morceau suivant, « All My Loving », écrite il y a presque cinquante ans, le tout est ajusté et les éléments sont en place pour que « Jet », ultime chanson d’« arena rock », touche ensuite la cible avec un aplomb déconcertant.

McCartney fait des efforts pour s’adresser au public en français, qui s’en réjouit sans réserve. D’ailleurs, après chacune des six ou sept premières chansons, la foule lui offre de long et nourris applaudissements, frôlant l’ovation. Il faut dire que Paul enchaîne les classiques, un répertoire aussi impressionnant que l’efficacité avec lequel il le livre.

Il va plus tard s’installer au piano, le temps d’entonner « The Long and Winding Road », ou encore « Let ‘Em In ». Tout au long du spectacle, il maniera différents instruments, que ce soit sa traditionnelle basse de l’époque des Beatles (ou plus probablement une copie), une Gibson Les Paul aux motifs psychédéliques sur laquelle il crache quelques solos qui feraient rougir certains pseudo-virtuoses, ou encore un ukulele dans cet hommage à George Harrison (« Something » ) qui fait partie intégrante de ses spectacles depuis quelques années déjà.

Peut-être est-ce parce que la tournée s’appelle « On The Run », peut-être est-ce parce que l’album, un de ses meilleurs avec le groupe Wings, a été réédité dernièrement, mais toujours est-il que plusieurs pièces du disque « Band On The Run » ont été interprétées au cours du spectacle.

C’est une bonne idée. Parce qu’il s’agit d’un excellent album, et parce que ses pièces peuvent être particulièrement efficace lorsque jouées dans un endroit comme le Centre Bell. Elles sonnent et résonnent, surtout « Let Me Roll It », avec son riff astucieux, qui a été un moment fort de la soirée.

McCartney, encore et toujours, était bien en voix. D’ailleurs, il est stupéfiant de voir à quel point son chant est juste et puissant et qu’il ne décline pas avec l’âge, ce qui est pourtant arrivé à bon nombre de ses contemporains. Son groupe, qui joue serré derrière la tonitruante locomotive qu’est le batteur Abe Laboriel Jr., pousse les classiques sans trop dévier des versions originales, avec les chœurs, les contrepoints mélodiques et les solos exécutés à la note près. Tout pour satisfaire la plupart des fans qui veulent entendre sans modification les pièces qui les ont fait chavirer. D’un autre côté, un artiste de son talent pourrait aussi se permettre de jouer avec ses chansons, de leur donner de nouvelles saveurs et s’en sortir admirablement. Mais ce sera pour un autre contexte.

Paul McCartney termine le spectacle par deux rappels, interrompus par la visite de fans sur la scène qui veulent un autographe sur le bras, ou dans le dos, ou sur différents objets. Le musicien les accueille, fait un brin de jasette avec eux, fait rigoler la foule comme il l’a fait à quelques reprises au cours de la soirée. À une jeune Japonaise qui lui dit s’appeler Yoko, il répond « oh, je connais ce nom », suscitant de nouveau l’hilarité parmi le public.

La liste des classiques qu’il a interprétés durant la soirée, ponctuée de quelques surprises, est exhaustive. De « The Night Before », une chanson des Beatles inattendue et jouée au Canada pour la première fois, dit-il, à « Live And Let Die », véritablement bombardée à coups d’explosions et de feux d’artifice, le Britannique a comblé ses fans. Au final, il aura joué un nombre pratiquement égal de pièces des Beatles et de chansons composées après la séparation du groupe mythique.

Il conclut son récital par une sélection on ne peut plus juste : la séquence « Golden Slumbers / Carry That Weight / The End », qui terminait le dernier album des Beatles, « Abbey Road », en 1969.

Les fans, de tous les âges, sont repartis le cœur léger. Ce formidable héritage qu’est la musique des Beatles et de Paul McCartney n’est pas sur le point de tomber dans l’oubli.

Par Ian Gauthier

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