L'expo Mitchell | Riopelle. Un couple dans la démesure présentée du 12 octobre au 7 janvier au MNBAQ

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12 octobre 2017 - 10:00
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L'expo Mitchell | Riopelle. Un couple dans la démesure présentée du 12 octobre au 7 janvier au MNBAQ
Joan Mitchell, Piano mécanique, 1958
Jean-Paul Riopelle, Sans titre, vers 1969
Jean-Paul Riopelle, Sans titre, vers 1968
Photo: Heidi Meister, photographe, Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle dans le séjour de l’atelier-appartement de la rue Frémicourt, Paris, 1963

Le Musée national des beaux-arts du Québec est fier de présenter, pour la toute première fois dans l’histoire de l’art, un croisement inédit de l’œuvre de deux géants de l’art moderne, la peintre américaine Joan Mitchell (1925-1992) et l’artiste canadien Jean-Paul Riopelle (1923-2002).

Deux géants de la modernité célébrés

Quelque 60 œuvres majeures ont été rassemblées pour retracer leur carrière artistique respective, à l’aune de leur relation, soit à compter de leur rencontre en 1955, jusqu’à leur séparation en 1979. Conçue par le MNBAQ et organisée en partenariat avec le Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO), avec l’appui de la Fondation Joan Mitchell (New York) et de la Succession Jean Paul Riopelle (Montréal), l’exposition présente principalement des tableaux de grand format, quelques œuvres sur papier et des documents d’archives, en provenance de plus d’une trentaine de prêteurs, de collections privées et muséales, françaises, canadiennes et américaines.

Joan Mitchell, Piano mécanique, 1958. Huile sur toile, 198,1 × 325,1 cm
National Gallery of Art, Washington, DC. Don d’Addie et Sidney Yates (1996.142.1) © Estate of Joan Mitchell. Photo : National Gallery of Art, Washington, DC

L'exposition

Explorez comment ces deux artistes, qui ont partagé leurs vies pendant près de 25 ans, à Paris, puis à Vétheuil (dans la vallée de la Seine), ont développé une pratique d’atelier et un corpus bien distinctifs tout en engageant un dialogue nourri autour de l’abstraction. Leurs goûts pour l’héritage impressionniste, la nature et une forme de provocation les ont certainement rapprochés. Leur conception de la peinture et leurs méthodes de travail, profondément singulières, ont pourtant été complètement façonnées par leur relation sentimentale.

Plongez au cœur de cette histoire de passion créatrice en suivant un parcours unique dans les 4 salles temporaires du pavillon Pierre Lassonde, articulé autour de 7 thèmes:

Prologue : avant la rencontre
La rencontre et ses effets : 1955-1958
Les années rue Frémicourt : résonnances et dissonances 1959-1967
Les ateliers de Vétheuil et de Saint-Cyr-en-Arthies
Les territoires distincts, 1968-1974
Canada et nordicité : expression de deux solitudes, 1975-1977
Vers la rupture : 1978-1979
Épilogue : décès de Joan Mitchell, 1992

Parmi les œuvres incontournables

Parmi les tableaux incontournables de l’exposition, Saint-Anthon (1954), de Jean-Paul Riopelle, s’inscrit parmi les œuvres remarquables d’une suite de tableaux «blancs», inspirés des cimes enneigées des Alpes autrichiennes. En provenance d’une collection privée new-yorkaise, ce paysage abstrait, vaste plan blanchâtre magnifié par la présence de fines calligraphies colorées, a fort probablement retenu l’attention de Joan Mitchell qui, parallèlement, s’attardait elle aussi au caractère dualiste du champ blanc, perçu à la fois comme fond et comme plan.

Il faut également souligner Sans titre (La Fontaine) (1957), œuvre révélatrice de la complexité existant alors entre les deux peintres. En effet, Mitchell aurait inscrit discrètement dans la marge supérieure gauche du tableau «Le Laboureur et ses enfants, La Fontaine!!» en référence à la fable bien connue, mais également à une œuvre de Riopelle intitulé Labours sous la neige, réalisée un peu avant. On peut donc voir dans ce tableau, longtemps conservé par la peintre, un tendre clin d’œil à Riopelle.

Un jardin pour Audrey (1974), autre chef-d’œuvre de Mitchell, nous arrive d’une collection particulière parisienne et constitue l’un des tableaux de l’artiste parmi les plus achevés, dans lequel elle atteint la quintessence de son art de peindre selon les spécialistes.

Enfin chez Riopelle, Mitchikanabikong (1975), prêtée par l’une des collections les plus renommées sur la scène internationale, le Centre Georges-Pompidou, Musée national d’art moderne, est un tableau annonciateur de la série des Icebergs, ce tryptique s’inscrivant dans un processus identitaire, où Riopelle signe chaque composante de tracés linéaires rappelant certains profils énigmatiques de son animal fétiche, le hibou, que l’on retrouve tant dans sa sculpture que dans son œuvre sur papier. Une autre œuvre majeure de l’artiste à ne pas manquer!

L’Hommage à Rosa Luxemburg, comme une apothéose

Pour compléter le périple de l’exposition, il faut voir ou revoir L’Hommage à Rosa Luxemburg située dans le passage Riopelle par CGI reliant le pavillon Pierre Lassonde au reste du complexe muséal. Le chef-d’œuvre du MNBAQ, monumental triptyque réalisé par Riopelle d’un seul élan à l’annonce de la mort de Joan Mitchell – longue fresque se déployant en 30 tableaux dont les signes et les codes relatent, en filigrane, sa rencontre avec son ancienne compagne – prend ici toute sa majesté, tout son sens.

Deux expériences interactives au service de l’œuvre de Mitchell et Riopelle

En complément, l'espace de médiation Hydro-Québec permettra aux visiteurs de vivre deux expériences au cœur de l’exposition grâce au numérique: Peindre le geste et Mitchell | Riopelle. Dans l’intimité.

La fascination exercée notamment par les œuvres de Mitchell et Riopelle s’exprime à travers une expérience virtuelle stimulante dans les salles d’exposition. Peindre le geste, un dispositif 3D interactif réalisé par SAGA, permet de reproduire le geste créatif des deux artistes avec un pinceau, un couteau ou encore une spatule. Vous avez accès à une palette de 10 couleurs utilisées par les deux artistes. L’œuvre créée, projetée sur un mur, peut aussi être partagée sur Facebook ou encore récupérée par courriel.

Les visiteurs pourront également consulter les tablettes numériques disposées dans l’espace de médiation, où 36 photos d’archives du couple, accompagnées de légendes explicatives et divisées en quatre grandes périodes, offrent un voyage fascinant dans l’intimité des deux artistes au sommet de leur art.

Informations pratiques

Mitchell | Riopelle. Un couple dans la démesure
Pavillon Pierre Lassonde du MNBAQ
Du 12 octobre 2017 au 7 janvier 2018

https://www.mnbaq.org/exposition/mitchell-riopelle-1252

Œuvres ci-haut
Joan Mitchell, Piano mécanique, 1958. Huile sur toile, 198,1 × 325,1 cm
National Gallery of Art, Washington, DC. Don d’Addie et Sidney Yates (1996.142.1) © Estate of Joan Mitchell. Photo : National Gallery of Art, Washington, DC

Joan Mitchell, Sans titre, vers 1969. Huile sur toile, 194,8 × 113,7 cm. Collection particulière, Paris © Estate of Joan Mitchell. Photo : Patrice Schmidt (Groupe CNW/Musée national des beaux-arts du Québec)

Jean-Paul Riopelle, Sans titre, vers 1968. Huile sur toile, 200 × 300 cm. Collection particulière © Succession Jean Paul Riopelle / SODRAC (2017). Photo : Musée national des beaux-arts du Québec, Idra Labrie (Groupe CNW/Musée national des beaux-arts du Québec)

Photo: Heidi Meister, photographe, Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle dans le séjour de l’atelier-appartement de la rue Frémicourt, Paris, 1963. © Heidi Meister.

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