Les sorties de disques cette semaine

Voici une sélection de disques sortis cette semaine:
Pascal Obispo: «Les Fleurs du bien» (Sony/BMG). C’est son sixième album. L’un des plus réussis. L’artiste y chante la séparation, l’espérance, l’enfance, le voyage et l’amour. Le compositeur aux doigts d’or aligne les tubes en puissance sans pour autant se soucier des formats. On passe d’une ballade bien léchée, à des titres plus musclés.
Des chansons d’une grande créativité comme "1980» où le chanteur rend hommage à une époque «sans illusions, sans lendemains» où le saxophone était omniprésent. Ruptures de rythmes intelligentes aussi avec «Las Vegas» qui évoque le sacro-saint rêve américain. La chanson démarre sur des sonorités pop pour laisser place au swing, grâce à un big band porté par des cuivres. Elle devrait trouver toute sa dimension sur scène.
Sur cet album, Pascal Obispo évoque des personnalités qui ont influencé son parcours. L’opus s’ouvre avec «Rosa», hommage à Rosa Parks qui avait refusé en 1955 de céder sa place à un blanc dans un bus. Clin d’oeil au maître de l’art pictural avec «Libre comme Picasso». On remarque au passage le parfait anagramme de Pascal Obispo avec Pablo Picasso. Autre déclaration, à Léo Ferré avec «Sur la voix Ferré». Deux titres qui soulignent le parcours de création d’artistes véritables, en contradiction parfois avec les chanteurs fabriqués par la télé qu’il pointe du doigt: «On est dans l’arène des faiseurs de gloire à la semaine et à la chaîne», chante-t-il sur "Le chanteur idéal».
Après cette parenthèse légère, retour à un texte plus sombre, "Noir», l’une des plus belles collaborations entre Obispo et Lionel Florence, auteurs ensemble de neuf titres, qui remémore la douleur d’une séparation.
Cette sixième production est aussi pour le grand public l’occasion de découvrir tout le talent de Mélissa Mars avec laquelle il interprète en duo «La Machine», soutenu par des guitares rageuses. Il ne serait pas étonnant que Pascal Obispo lance la carrière de la jeune femme à l’univers particulier.
On se demande juste pourquoi Pascal Obispo a laissé en titre caché le très réussi «Un ange passe» que ne renierait certainement les Anglais de Coldplay.
Après le succès de sa tournée «Fan» en 2004, Pascal Obispo reprendra la route pour défendre sur scène des chansons qui semblent écrites pour ça. Le premier rendez-vous avec le public est d’ores et déjà fixé au 8 janvier 2007 à Arcachon.
The Raconteurs: «Broken Boy Soldier» (Third Man Records). Un album que ne doivent pas manquer les fans de rock brut. On retrouve un casting prestigieux. Tout d’abord Jack White des White Stripes, incontestablement le meneur d’une bande qui compte dans ses rangs également Patrick Keeler des Greenhornes, mais aussi Jack Laurence à la basse et le talentueux Brendan Benson qui non seulement chante mais est aussi claviériste, guitariste et co-producteur avec Jack White.
Le hargneux «Broken Boy Soldier» aux relents blues (qui rappelle, pas moins, les belles années de Led Zeppelin) est une pure merveille qui devrait faire les beaux jours des radios musicales rock, voire plus!
Phoenix: «It’s Never Been Like That» (EMI/Virgin). Deux ans après "Alphabetical» et à peine plus d’un an après le live «30 Days Ago», voici déjà le troisième album studio enregistré à Berlin. Rien à voir avec «If I Ever Feel Better», le premier single extrait de "United» qui avait fait danser sur les pistes en 2000.
Mis à part sur «Courtesy Laughs», le ton a évolué. Les intonations adolescentes ont disparu. Thomas Mars, Christian Mazzalai, Laurent Brancowitz et Deck d’Arcy ont beaucoup tourné aux Etats-Unis notamment et cela s’entend. «It’s Never Been Like That» privilégie le côté brut du rock. Les rythmes sont plus rebelles, les arrangements primaires. Les instruments moins nombreux: deux guitares, une basse, une batterie. «Napoleon Says» qui ouvre le disque est influencé par les rythmiques soul de l’époque Tamla-Motown alors que «Consolation Prizes» qui suit est plus proche du répertoire des Strokes.
Merzhin: «Pieds nus sur la braise» (Sony/BMG). Avec ce troisième album, le groupe breton fête ses dix ans d’existence marqués essentiellement par la scène. Leur carrière a décollé en 1999 avec la sortie d’un premier CD 5 titres «1ère Lune». Leurs deux albums suivants «Pleine Lune» puis «Adrénaline» aux ambiances celtiques leur ont permis d’installer un répertoire festif idéal pour remplir les salles. Les six musiciens montrent cette fois un visage plus sombre, à la fois dans les textes et dans la musique à l’instar du titre de pur rock «Des filons dans nos failles».
Aux sonorités celtiques s’ajoutent désormais celles de l’Europe de l’Est notamment sur «La rue Calumet». Avec cet opus, Merzhin veut certainement peu à peu décoller l’étiquette de groupe. Ce que l’on entend d’ailleurs dans les arrangements, confiés à Mathieu Ballet, collaborateur entre autres de Miossec et de Yann Tiersen. La bombarde cède un peu de terrain au profit d’un saxophone et d’une clarinette. Le style est plus musclé. Merzhin réussit une mutation en douceur fondée sur l’expérience.
Sont aussi sortis cette semaine: Radio 4: «Enemies Like This» (Labels). Le quintette de Brooklyn, un des groupes phares du punk-funk au début des années 2000, était plus ou moins tombé dans l’anonymat. Il marque un retour plus rock, voire reggae. L’un des meilleurs titres de l’opus, "Ascension Street», rappelle le répertoire de The Clash.
Jacno: «Tant de temps» (Warner). Les fans adoreront. Ceux qui n’ont jamais été sensibles au talent du dandy fondateur avec Elli Medeiros de l’un des premiers groupes de punk français, les Stinky Toys, ne seront certainement pas convaincus. Jacno poursuit sa route et propose des ritournelles pop souvent appuyées par des synthés, des effets électroniques, un piano et une batterie. Un disque politiquement incorrect. A trois semaines de l’ouverture de la Coupe du monde de football, Jacno brocarde «Le sport». Le texte sonne comme un pamphlet: «Le sport, c’est de la merde. Le sport peut entraîner une mort lente et douloureuse», lance Jacno.
Ron Sexsmith: «Time Being» (V2); Grandaddy: «Just Like The Fambly Cat» (V2); Maxime Le Forestier: «Maxime Le Forestier chante Brassens - Les chansons de rappel» (Polydor); Arman Mélies: «Les Tortures Volontaires» (Remark/Warner).
Source: AP

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