Les Ballets russes de Diaghilev au Musée national des beaux-arts du Québec

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«Étonne-moi!» aurait lancé Diaghilev à Cocteau lorsque celui-ci écrivit le livret de «Parade» (1917), un des spectacles les plus originaux créés pour les Ballets russes. Le regardeur le sera tout autant lors du parcours de cette exposition exclusive au MNBAQ qui débute demain (9 juin 2011). Des extraits musicaux de 24 ballets, parmi les plus célèbres des Ballets russes, accompagnent le visiteur dans trois salles d’expositions du pavillon Gérard-Morisset. Une parade de dessins, photos, lithos, costumes et vidéos, présentés sans cimaise afin d’évoquer les espaces scéniques accoutumés aux grands opéras et ballets, étonnera manifestement le public invité à entrer dans cette danse unique. Pour une deuxième collaboration avec le MNBAQ (Haute couture), le Victoria and Albert Museum de Londres présente cette exposition inusitée pour célébrer le 100e anniversaire de la fondation des Ballets russes (1911).

C’est une exposition où se côtoient les plus grands noms associés à l’art au 20e siècle. Que l’on pense, entre autres, à Cocteau, Picasso, Matisse, Braque, Stravinsky, Nijinski, Prokofiev, Satie, Poulenc, De Chirico, etc., tous ces artistes de génie ont en commun d’avoir été engagés par Diaghilev afin de donner à ses Ballets une portée artistique inégalée. Que ce soit pour la création de décors, de musique, de costume, de livret, d’affiche, etc., Diaghilev aura usé d’un génie qui n’a d’égal que chez ses complices.

Sans conteste, en côtoyant de près les costumes usés et portés par la troupe de Diaghilev pour «Le Sacre du printemps» de Stravinsky, présenté pour la première fois au Théâtre des Champs-Élysées à Paris en 1913, c’est là que l’expérience de cette visite atteint son paroxysme d’évocations symboliques pour l’amateur d’histoire et d’art. Ballet qui fit scandale aux yeux des Français pour l’époque, moment d’anthologie dans l’histoire des ballets et de la musique au 20e siècle, c’est la scène d’ouverture de l’excellent film français réalisé par Jan Kounen, «Coco et Igor», sortie en 2009, qui nous revient en mémoire. Plus que l’histoire de ce scandale, c’est la majestueuse beauté de ces costumes de laine, coton et cuir, ornementés de motifs folkloriques païens, qui nous surprend. Le travail de Nicolas Roerich ici sera d’ailleurs déterminant dans «Le Sacre du printemps», car en plus de réaliser les décors et costumes du ballet, il collabore avec Nijinski pour reproduire un rite païen ancestral, qui guidera Stravinsky dans la composition de sa pièce la plus connue. Un incontournable dans cette exposition.

Par ailleurs, nous découvrirons bien des illustres artistes plutôt inconnus en Amérique du Nord, voire en occident, tel l’artiste peintre et décorateur de Diaghilev, Léon Bakst. Il collaborera effectivement avec le fondateur des Ballets russes plus d’une décennie durant (1909-1921). Directeur artistique des Ballets russes, il sera d’un grand secours pour Nijinski. Proche du symbolisme et de l’Art nouveau, ce peintre biélorusse compte beaucoup pour le succès que rencontreront les Ballets russes.

L’exposition présentée en exclusivité au MNBAQ débute le 9 juin et se poursuit jusqu’au 5 septembre 2011.

Michaël Lachance, collaborateur à Québec pour patwhite.com

lachance.michael@videotron.ca

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