Le MAC ouvre l’exposition Leonard Cohen : Une brèche en toute chose

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Après plus de deux ans de développement, le MAC est heureux de présenter Leonard Cohen : Une brèche en toute chose / A Crack in Everything. Du 9 novembre 2017 au 9 novembre 2018, les mots, la musique et la vie de Leonard Cohen envahiront le MAC, dans ce qui sera peut-être la plus ambitieuse exposition de l’histoire du Musée. Présentée par CBC/Radio-Canada, l’exposition Leonard Cohen : Une brèche en toute chose / A Crack in Everything est inscrite dans la programmation officielle des activités du 375e anniversaire de Montréal.

L’OEUVRE D’UNE VIE REVISITÉE PAR L’ART CONTEMPORAIN

Véritable exposition multidisciplinaire où se mélangent arts visuels, réalité virtuelle, installations, performances et musique, Leonard Cohen – Une brèche en toute chose / A Crack in Everything propose au public des œuvres inédites conçues par des artistes locaux et internationaux qui s’inspirent de l’univers, des grands thèmes de la vie et de l’œuvre de Leonard Cohen. L’exposition explore également la manière dont son grand accomplissement a touché et inspiré des artistes, dont elle est entrée dans le dialogue culturel, dont elle a coupé profondément dans le vif du corps politique.

L’EXPOSITION EN QUELQUES POINTS
20 œuvres inédites
40 artistes
Provenant de 10 pays
Une œuvre temporaire hors les murs sur le Silo no 5, du 7 au 11 novembre inclusivement
Une série de concerts en parallèle de l’exposition : Leonard Cohen : 5 concerts / 5 albums
L’exposition propose par ailleurs des installations multimédias contextuelles, conçues spécifiquement par le MAC, dans un environnement immersif à écrans multiples mettant en lumière cinquante années de Cohen en spectacle et une merveilleuse exploration des mécanismes de sa pensée dans une installation majeure qui porte sur la voix parlée de Cohen en entretien. Inutile de dire que Leonard Cohen était rarement banal et que de le regarder et de l’écouter demeurent un plaisir.

L’expérience débute hors site : les amoureux de Montréal et de Cohen, tout comme les visiteurs sont invités au Silo no 5, dans le Vieux-Port, pour cinq soirées consécutives, afin de vivre l’œuvre majestueuse de Jenny Holzer intitulée For Leonard Cohen [Pour Leonard Cohen], une série de projections nocturnes à grande échelle des écrits de Cohen, qui commencera au premier anniversaire de sa mort, soit le 7 novembre, jusqu’au 11 novembre.

Dans le cadre de l’exposition, le MAC tiendra également cinq concerts hors site, articulés autour de cinq albums essentiels de Cohen, soit un concert pour chacun des cinq mois que durera l’exposition. Chaque concert présentera, dans un cadre intimiste, une sélection de musiciens et de chanteurs montréalais invités qui interprèteront un album dans son intégralité, en respectant l’intention originelle de Cohen et l’ordre des chansons qui composent chaque album.

L’exposition présente des œuvres des artistes :
Kara Blake, Candice Breitz, Daily tous les jours, Janet Cardiff and George Bures Miller, Christophe Chassol, Tacita Dean, Thomas Demand, Kota Ezawa, George Fok, Ari Folman, Clara Furey, Jenny Holzer, Jon Rafman, Michael Rakowitz, Zach Richter, Sharon Robinson, The Sanchez Brothers and Taryn Simon.

Des musiciens ont été invités à enregistrer une reprise exclusive d’une chanson de Cohen, qui sera présentée au Musée dans une installation intitulée À l’écoute de Leonard. Ils sont :
Ariane Moffatt, avec l’Orchestre Symphonique de Montréal, Aurora, Brad Barr, Basia Bulat, Chilly Gonzales et Jarvis Cocker avec The Kaiser Quartett, Dear Criminals, Douglas Dare, Feist, Half Moon Run, Julia Holter, Leif Vollebekk, Li’l Andy et Joe Grass, Little Scream, Lou Doillon, Mélanie De Biasio, Moby, The National avec Sufjan Stevens, Richard Reed Parry et Ragnar Kjartansson, ainsi que Socalled.

CITATIONS

« Cohen est un extraordinaire poète de la tristesse et de la condition humaine qui a exprimé ce que signifie le fait d’être vraiment sensible aux complexités et aux désirs à la fois du corps et de l’esprit. Je suis particulièrement fier de lancer cette exposition aujourd’hui qui est consacrée à la célébration critique, à l’hommage affectueux, et, un an après son décès, à la commémoration paisible d’une grande réussite artistique et d’une vie inspirante, que fut celle de Leonard Cohen. »
— John Zeppetelli, directeur général, conservateur en chef du MAC, co-commissaire de l’exposition

« Afin de souligner le 375e anniversaire de Montréal avec un projet véritablement exceptionnel, nous ne pouvions penser à aucune autre figure culturelle à laquelle consacrer une exposition à grande échelle et à grand déploiement que ce génie local et cette icône planétaire qu’est Leonard Cohen. L’exposition a été conçue comme une vibrante célébration d’un Montréalais reconnu dans le monde entier avant de se transformer en une expérience plus solennelle et commémorative, puisqu’elle commence maintenant, soit une année après le décès de Cohen.
— Victor Shiffman, co-commissaire de l’exposition

« Tout au long de l'année, nous avons eu l'occasion de nous rassembler afin de souligner notre histoire commune et de célébrer la fierté que nous avons d'être Montréalais. L'exposition préparée par le MAC nous offre désormais l'opportunité de commémorer le Grand artiste et le citoyen hors pair qu'a été pour nous Leonard Cohen. »
— Denis Coderre, Maire de Montréal sortant

« L’œuvre grandiose de Leonard Cohen fait partie intégrante de l’identité de notre métropole. Cette exposition permettra au public de se remémorer l’illustre carrière d’un Montréalais d’exception qui, avec sa musique et ses mots, a su toucher ses adeptes à travers le monde et rendre fiers tous les Québécois. »
— Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire,
ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de Montréal

« C’est un grand honneur de présenter cette exposition d’envergure internationale dans la ville qui aura vu naître M. Cohen. Cet événement majeur des célébrations du 375e anniversaire de Montréal d’une qualité artistique exceptionnelle est un vibrant hommage à ce grand homme. Son œuvre magistrale est sans contredit un héritage culturel exceptionnel qui transcende les frontières et les âges. »
— France Chrétien-Desmarais, présidente de la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal.

QUELQUES RÉFLEXIONS DES ARTISTES SUR LEONARD COHEN

« J’ai écouté Leonard pendant presque toute ma vie. Sa musique m’a accompagnée lors d’un bal des finissants en solitaire, de vacances en famille, de longs déplacements à ciel ouvert dans le cadre de tournées, de nouvelles histoires d’amour et d’histoires d’amour ratées, de périodes de préoccupation anxieuse liées à la fin du monde, de promenades sur la rue Principale et au moment même où j’écris ceci. Je voulais enregistrer "Dance Me to the End of Love" parce que chaque fois que j’ai fait jouer cette chanson, je me sentais comme si je la connaissais intimement, mais aussi comme si je l’écoutais pour la première fois. Il s’agit en quelque sorte d’un reflet de tous ces différents moments de ma vie où chaque nouvel éclat de compréhension a donné lieu à un mystère encore plus profond, un soupir et un rire. »
— Basia Bulat

« [Janet Cardiff et moi-même] sommes tous deux des admirateurs de Leonard Cohen depuis longtemps. Nous aimons non seulement sa musique, mais également sa poésie et ses romans. À l’école secondaire, j’ai réussi mon cours d’anglais en écrivant de la poésie qui s’inspirait de Leonard Cohen et j’ai commencé à jouer de la guitare grâce à lui. J’ai écrit des chansons "à la Cohen" et je les ai jouées seul dans ma chambre. […] Toutefois, ma mère ne l’aimait pas beaucoup. Je crois qu’elle trouvait que ses paroles étaient trop obscènes pour un adolescent dans les années 70. Elle l’appelait "cet homme-là", comme lorsqu’elle me disait : "Arrête de faire jouer les disques de cet homme-là, s’il te plaît". Plusieurs années plus tard, la chanson préférée de maman était Hallelujah et nous l’avons fait jouer pour elle, à son chevet, au centre de soins palliatifs. "I miss my mother. I want to bring her to India". ("Ma mère me manque. Je veux l’emmener en Inde.") On nous a demandé si nous voulions participer à un spectacle dans lequel les artistes créeraient des œuvres s’inspirant de Leonard Cohen. Nous avons dit oui tout de suite. »
— George Bures Miller

« Cette lumière, que Leonard Cohen a allumée dans mon cerveau et dans mon cœur, a levé le voile sur le monde qui se trouve entre les mots, entre les lignes, entre le connu et l’inconnu... Cette lumière m’a gardée à l’affût des détails, elle a gardé mes yeux bien ouverts et elle m’a guidée dans les montagnes russes de la vie, avec des larmes et un cœur joyeux. »
— Lou Doillon

« Ce qui me touche dans l’œuvre de Cohen, c’est qu’il s’agit d’une très belle expérience sonore — et non seulement d’une récitation de ses paroles très encensées. Les arpèges de guitare de ses premiers albums m’ont également séduit, de même que ses enregistrements pop synthé des années quatre-vingt, la chorale et les arrangements pour cordes de son dernier album et la métamorphose de sa voix au fil du temps. »
— Kota Ezawa

« J’ai choisi [Hey That’s No Way To Say Goodbye] pour pouvoir la chanter tout doucement, presque autant vers l’intérieur que vers l’extérieur. C’est ce qui m’a passionnée dans la rumination de Leonard Cohen. J’ai toujours écouté ses chansons comme s’il s’agissait de souvenirs découlant d’une intimité dont je pouvais sentir qu’elle était intacte et profondément engagée. Cela me pousse à rechercher ce genre d’intimité, les chansons agissant comme des brèches dans les murs de ces espaces intérieurs. »
— Feist

« Mon premier souvenir de Leonard Cohen remonte à de nombreuses années, alors que j’étais un garçon de 10 ans. Le petit ami de ma sœur aînée, qui avait 18 ans, l’a quittée soudainement et elle a sombré dans une profonde dépression. Elle s’est enfermée dans sa chambre pendant plusieurs semaines, volets et fenêtres fermés, et a fait jouer un seul album sur son tourne-disque : Songs of Leonard Cohen. Le premier disque de Leonard Cohen. Toute la famille s’est tenue à l’extérieur de sa chambre, jour après jour, pendant des heures, terrifiée à l’idée que ma sœur pourrait se faire du mal. Après y avoir passé un mois, elle en est sortie maigre comme un cure-dents et elle nous a dit qu’elle avait décidé de faire des études en médecine. Quarante ans plus tard, elle est devenue spécialiste internationale en ophtalmologie pour les enfants prématurés. Les années se sont écoulées, mais dans mon esprit, Leonard Cohen est toujours associé à une mélancolie universelle, douce et protectrice, qui donne le sentiment d’être chez soi et de dire : "Laisse-moi tranquille pendant un moment, j’ai besoin d’être seul." »
— Ari Folman

« J’ai choisi de me laisser influencer par la sincérité de Cohen. Sa sincérité à admettre sa détresse parce qu’il veut tout avoir, sa conscience de cette maladie dont la plupart d’entre nous sont atteints aujourd’hui et qui consiste à n’être jamais satisfaits et à ne pas être dans le moment présent. Il sait bien qu’il s’agit là d’une tâche si difficile à affronter qu’elle exige une attention soutenue qui dure toute la vie. Cohen nous apprend que la beauté peut surgir après un processus long et ardu. Non pas la beauté qui surgit du néant, mais la beauté qui est déjà là, sous une multitude de couches de "trucs" accumulés et prêts à être découverts lorsque l’on "fait le ménage". C’est la façon de Cohen de toujours essayer de vider davantage qui s’imprègne beaucoup dans mon travail. »
— Clara Furey

« Sans verser dans le drame, en y réfléchissant, je crois bien que le fait que mon père jouait la musique de Cohen à la guitare [lorsque j’étais jeune] pourrait avoir été à la source de l’une des premières fois où j’ai pris conscience de la vérité qui se cache derrière l’abstraction — que la folie de dans notre esprit peut constituer un élément essentiel de la beauté et de la compréhension. »
— Julia Holter

« Un poète-chanteur à saveur politique — “Democracy is coming to the USA’’ ("La démocratie arrive aux États-Unis"), grognait-il avec ironie — et un auteur qui pouvait évoquer à l’intention de ses auditeurs et de ses lecteurs une vulnérabilité commune — comme sa chanson "Bird on the wire" ("Un oiseau sur la branche") —, Cohen a vécu longtemps et en toute liberté, passant dans ses chansons du pathos au désir. Ses chansons sont faciles à retenir. Cohen a engendré des admirateurs et des cercles d’admirateurs en faisant fondre ses fidèles. Il a travaillé assidûment pendant des décennies, sous les projecteurs à certaines périodes, et moins à d’autres périodes. Il savait nous toucher. »
— Jenny Holzer

« J’ai commencé à interpréter "Democracy" au cours des années 90, mais depuis peu, je suis incapable d’écouter son refrain ambigu ("Democracy is coming to the U.S.A…" - "La démocratie arrive aux États-Unis...") avec le même humour dont l’auteur avait peut-être eu l’intention de colorer la chanson, incapable de m’approcher de ses paroles avec la même qualité d’espoir relevant d’un hymne que Cohen disait qu’il souhaitait donner à la chanson. Je voulais créer une ambiance inquiétante correspondant au changement politique et social qui fait en sorte que nous écoutons cette chanson de cette nouvelle façon. Un soir, le joueur de guitare hawaïenne Joe Grass et moi-même avons donc secrètement installé cinq microphones dans le parc de stationnement du Palais des congrès [à Montréal] et nous avons laissé l’acoustique et les bruits de fond de cet endroit devenir un troisième instrument pendant que nous interprétions cette version de "Democracy". »
— Li’l Andy

« L’un de mes premiers souvenirs est ma mère qui jouait du piano en chantant "Suzanne". Jusqu’à ce que j’aie quatre ou cinq ans, je présumais simplement qu’elle avait écrit cette chanson. Même si je suis brièvement tombé des nues en apprenant que ma mère n’était pas l’auteure de "Suzanne", il s’agit toujours de ma chanson préférée de Leonard. »
— Moby

« Ce qui m’a toujours attiré dans la musique de Leonard Cohen, c’est sa capacité magistrale d’écrire des paroles qui explorent l’ambiguïté et l’‘‘essence même du sens’’ de nos vies. Ses chansons vont au-delà de l’évidence : elles nous interpellent, donnant lieu à l’exploration de quelque chose de différent en chacun de nous. »
— Zach Richter

« Lors d’une perte, la musique devient une façon de respirer, de dire des choses qui ne peuvent être exprimées autrement. C’est dans ce contexte que la chanson "Goodbye Stranger" s’est imposée à moi. Je l’ai écrite d’auteure-compositrice à auteur-compositeur, d’amie à ami, mais en sentant et en espérant que je l’écrivais également pour tous ceux qui, comme moi, aiment les paroles de Leonard. »
— Sharon Robinson

« Je chante rarement en anglais : la plupart des textes que je chante sont en Yiddish, la langue de ma culture, que je ne parle pas couramment. Mais pour une raison quelconque, j’ai trouvé ma "voix" en chantant dans cette langue oubliée de mes ancêtres. Il s’agit de la deuxième fois que je tente de présenter une chanson de Leonard Cohen et, une fois encore, je dois dire que le texte de Cohen sonne très juste : ses paroles se chantent remarquablement bien et je m’y reconnais. Je ressens sa passion, son désespoir, son espoir et son courage dans chaque mot : sa poésie s’adresse à mon passé et à mon présent. »
— Socalled

Lorsque vous écoutez Leonard Cohen, vous vivez au sein de sa voix. Et elle vous donne tous les conseils que vous suivrez éventuellement.
— Leif Vollebekk

À SIGNALER
Clara Furey sera au MAC pour performer When Even The [Quand même le] selon l’horaire suivant :
Les mercredis, jeudis et vendredis à 19 h.
Les samedis et dimanches à 14 h.
* Les visiteurs sont invités à consulter l’horaire complet et à jour sur le site Web du MAC avant leur visite au Musée.
Une série de conférences avec des artistes sera offerte au MAC à l’occasion de la semaine d’ouverture de l’exposition. D’autres activités seront annoncées en cours d’exposition.
Ne manquez pas la prochaine Nocturne du MAC, le 1er décembre prochain où les visiteurs pourront découvrir l’exposition jusqu’à 2 h du matin. Une programmation spéciale entourant l’exposition sera présentée.

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