La vision de Robert Lepage transporte Wagner dans le 21e siècle et récolte une ovation au passage!

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28 septembre 2010 - 00:00
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NEW YORK - Au Met de NY, lundi soir 27 septembre 2010, Robert Lepage a reçu un accueil triomphal lors de la soirée d’ouverture de la saison d’opéra ou a été présentée sa production Das Rheingold de Wagner.

Une critique de LEILA LIGOUGNE

Après 23 ans d’une production qui avait fait salles combles représentations après représentations, Robert Lepage s’est vu offrir le défi de réinventer la scénographie des quatre parties de l’oeuvre de Wagner Der Ring des Nibelungen (L’anneau de Nibelungen) pour le Met de NY, avec comme public des vétérans d’opéra. Il faut dire que Peter Gelb, le nouveau directeur depuis 4 ans fait tout pour attirer une nouvelle clientèle plus jeune, et n’hésite pas a intégrer l’usage des nouveaux médias.

En début de soirée, la fébrilité était tangible. On avait affaire a l’évènement tant attendu de la rentrée, celle de l’ouverture de la saison d’opéra en tandem avec la première de Das Rheingold. La mise était importante et malgré la grande confiance des protagonistes, le publique allait finalement porter jugement sur une production qui avait fait parler d’elle tant par ses coûts de productions, ses défis techniques que par son intégration et mises en valeur des nouvelles technologies.

Cette première étant aussi le coup d’envoi de la saison d’opéra, il s'agit d’une soirée mondaine attirant une multitude de femmes portant bijoux et robes extravagantes, d’hommes en toxedo et de célébrités (Meg Ryan, Patti Smith, André Leon Talley…)

Das Rheingold est le prologue de L'anneau de Nibelungen et dure environ 2 heures alors que la totalité de l’oeuvre en est 16.

Il s'agit d’une saga impliquant Dieux et géants lutant pour avoir le contrôle sur l’or du Rhin, plus précisément une bague donnant un pouvoir illimité a celui qui la possède si il renonce aussi a l’amour.

Le génie de Lepage se traduit par les éléments de la mise en scène, une série de 24 panneaux parallèles, en rotation sur un axe, et sur lesquels sont projetés des vidéos ou images digitales. Cette présentation comporte certains moments particulièrement forts et efficaces. Des le début, les sirènes du Rhin font une entrée spectaculaire en nageant suspendues par des harnais puis elles se posent sur les fonds du Rhin couverts de galets, leurs mouvements provoquent des projections de bulles et font rouler les cailloux projetés.

Le décor se reconfigure aussi ensuite en montagnes ou habitent les géants, avec des reliefs. Quelque chose de presque futuriste, quoi que très sobre.

A un moment est crée un escalier qui mène aux entrailles de la terre. La scénographie de l’éclairage est particulièrement belle et donne vraiment l’impression que les personnages se plongent petit a petit dans un univers dénue de lumière,

Malgré l’imposant décor et sa modernité, Il reste qu’il est très sobre et ne prend pas le dessus sur la performance des chanteurs et musiciens dirigés par nul autre que Maestro James Levine.

Mis a part quelques puristes, le public a été complètement conquis par cette nouvelle oeuvre résultant en une longue ovation.

Photo : Ken Howard, MET @ 2010

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