La pièce Sounjata, une rencontre aux rythmes envoûtants

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Steve Laplante, Yaya Coulibaly et Karine St-Arnaud
Sounjata
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Deux agronomes canadiens en mission se présentent dans un hôtel de la ville de Bamako et sont accueillis par un Malien singulier, qui leur signale qu'ils n'ont pas de réservation. Pendant que le couple se dispute sur la marche à suivre, l'homme commence à leur raconter l'histoire de Soundiata Keïta, le fondateur de l'empire de son pays.

Ainsi débute la pièce «Sounjata», présentée en première le 27 septembre à l'Espace Libre. Devant une salle comble, l'idée élaborée par l'auteur et comédien Alexis Martin a pris vie. Entre rires, intérêt marqué et musique africaine, les spectateurs ont pu vivre la légende bien connue au Mali grâce au jeu juste de comédiens maliens, québécois et d'un musicien marocain, Zakariae Heddouchi, qui a signé la conception sonore.

Accompagnés sur scène du marionnettiste Yaya Coulibaly et des interprètes maliens Habib Dembélé et Philippe Koné, Steve Laplante et Karine St-Arnaud ont bien joué leur rôle de Nord-Américains fraîchement débarqués dans une culture qui leur était jusqu'à présent inconnue et qui les a rendus grandement perplexes. La pièce apporte le spectateur à se questionner sur le sens du temps, de l'hospitalité, des relations et de la spiritualité, tout comme les Québécois le font sur scène.

Steve Laplante et Karine St-Arnaud sont devenus marionnettistes pour aider le maître d'hôtel malien non seulement à leur raconter, mais à leur faire vivre la légende du jeune fondateur du Mali qui a notamment aboli l'esclavage.

Un rideau à l'arrière de la scène a permis de créer un lieu de jeu d'ombres, en plus de servir d'écran sur lequel était projetée la captation en direct d'un théâtre miniature manipulé par les comédiens à un certain moment de la pièce.

En brisant le quatrième mur théâtral et en s’immisçant dans l'espace de jeu pendant quelques minutes, Alexis Martin a amené les spectateurs à s'intégrer à l'histoire, tout en les faisant rire. «Je viens de Rouyn Noranda», a répondu le comédien Philippe Koné lorsque l'auteur lui a demandé ce qu'il pensait de la spiritualité au Mali.

Rencontre angulaire

Alexis Martin a rencontré le continent Africain en 2000 et il y pense depuis comme une frontière artistique. Il s'agit désormais pour lui d'une «échappée du calendrier ordinaire, le 32e jour du mois qu'on attend en vain depuis si longtemps, mais qui est là, pourtant, au bout du cœur!»

Lorsqu'il a eu l'occasion d'être présenté au marionnettiste Yaya Coulibaly lors d'un festival à Marrakech, au Maroc, l'envie de créer ce spectacle commun est née. Il s'agissait de donner un point de vue québécois sur une période de l'histoire malienne.

«La légende de Sounjata, personnage archiconnu là-bas, inconnu au bataillon ici, donne la mesure des distances qui nous séparent», explique l'auteur.

La pièce d'une durée de 1h30 est présentée par le Nouveau Théâtre Expérimental jusqu'au 8 octobre à l'Espace Libre.

Crédit photo: Pascale Gauthier-Dionne

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