Kidnapped : coeurs sensibles s’abstenir

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03 août 2011 - 09:20
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Un météorite d’une intensité absolu est tombé en plein cœur du Festival international de films Fantasia 2011. Alors que l’année dernière c’était le désopilant I Spit On Your Grave de Steven R. Monroe qui brassait la cage thoracique du Théâtre Hall, voilà que c’est le thriller espagnol Kidnapped de Miguel Angel Vivas qui a glacé les os des spectateurs lundi soir. Et la fraîcheur de la salle n’y était pour rien cette fois-ci!

Kidnapped est le récit d’une famille aisée et sans problème dont la vie bascule tragiquement lorsque des cambrioleurs forcent l’entrée de leur nouveau domicile. Les voyous profitent de la malencontreuse situation pour voler leurs biens et vider leurs comptes en banque, même celui de la jeune adolescente. Pire encore : les bandits ne veulent plus s’en aller, même qu’ils deviennent de plus en plus agressifs avec eux. Ils jouent avec leurs victimes comme si elles n'étaient que de vulgaires pantins de bois et ne semblent aucunement ouverts aux négociations. La famille réussira-t-elle à donner raison à ces cambrioleurs complètement désaxés?

Les amateurs de sensations fortes seront heureux d’apprendre que Kidnapped est un film d’une rare intensité, incisif et d’une férocité à faire hurler de rage. Le scénario de Miguel Angel Vivas ressemble un peu à celui de Funny Games, du réalisateur Michael Haneke, sans être pour autant aussi tordu que ce dernier.

Par le passé, le réalisateur espagnol avait fait un coup d’éclat avec son court-métrage de zombies intitulé I’ll See You In My Dreams (Prix du public à Fantasia), qui avait également fait partie de la compilation Small Gauge Trauma, distribuée par Synapse Films.

Cette fois-ci, Vivas n’a pas mis de gants blancs : il a plissé les sourcils et tenté de réaliser une œuvre débordante d’angoisse, de tensions et de peurs. Kidnapped est un récit tourné en douze plans prolongés, une technique qui renforce encore plus le sentiment de malaise à l’égard des victimes et qui apporte, de plus, une forte décharge de réalisme à une situation déjà très horrifiante.

Cependant, plusieurs points techniques ont failli au niveau de la crédibilité du récit. D’abord, le spectateur n’a pas tellement eu l’occasion de s’attacher aux protagonistes, puisque mère et fille, au début du film, ne font que se disputer à propos de peccadilles peu intéressantes. Aussi, les actions des malfaiteurs n'ont jamais été justifiées ni calculées; c’est comme s’ils n'étaient que des monstres qui frappent et bousculent tout ce qui bouge sans aucun égard à la réussite du projet. Même Alex et sa bande de « drougs » dans Orange Mécanique du grand Stanley Kubrick étaient plus attachants. C'est pour dire.

Certes, l’usage du « split screen » a apporté une bonne dose de tension extrême bien ressentie, mais la caméra à l’épaule a tout gâché, puisqu’elle nous a donné plus le vertige que de l'anxiété à force de valser de tous bords tous côtés.

Kidnapped est un thriller très poignant et très dur, qui risque cependant de décevoir la plupart des cinéphiles qui ont l'œil aiguisé.

Appréciation générale : ** 1/2

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