Joseph Mount (Metronomy) : «Il y a une notion de défi dans Love Letters»

Le quatuor anglais piloté par Joseph Mount a dévoilé en mars dernier Love Letters, un 4e album à l'image des autres productions de Metronomy : surprenant et accrocheur. La joyeuse bande était de passage à Montréal dimanche 18 juin, pour un concert très attendu au Metropolis. Rencontre avec Joseph Mount.

Comment a été composé Love Letters ?

Après la tournée de The English Riviera, je suis rentré chez moi quelques jours et j’ai assemblé mes idées. C’est surtout beaucoup de compositions entre deux tournées : nous avons quitté la scène en septembre 2012 et jusqu’au mois de novembre je me suis concentré pour écrire. Il n’y pas vraiment de système de composition, je le fais quand j’ai du temps. J’écris, compose et joue de la guitare.

À ses débuts, Metronomy était plus instrumental que vocal, depuis The English Riviera ta voix est plus claire et distincte, es-tu moins timide ?

C’est une combinaison de choses, je me sens plus à l’aise avec le chant. Pendant longtemps je ne me suis pas senti à l’aise avec ça, je préférais les instruments. Mais maintenant je comprends pourquoi la voix est si importante, je veux être plus expressif quand je chante.

Vous avez enregistré Love Letters au studio Toe Rag. En regardant votre carrière, vous venez d’une tradition digitale, pourquoi avoir choisi l’analogique pour cet album ?

Je fais de la musique dans un environnement très digital, les gens écoutent du MP3, alors que toutes les musiques qui m’ont inspiré, m’ont rendu passionné et m’ont donné envie d’être musicien viennent de l’analogique, du fait maison. Il faut mobiliser des compétences différentes pour un tel enregistrement, j’ai senti que c’était intéressant pour moi de le faire dans ce sens, il y a aussi une notion de défi j’imagine. Je l’ai fait, ça a introduit différentes possibilités mais je ne le referais pas. Les choses évoluent et c’est pour une raison. J’ai appris ce qu’il fallait apprendre.

Love Letters est votre 4e album et Metronomy existe depuis près de 10 ans. Comment vois-tu cet album ?

C’est le genre d’album que je n’aurai pas pu faire en premier, les débuts étaient un peu confus. Mais après trois albums, il y a un contexte. Il y a aussi une atmosphère différente, The English Riviera était plus lisse plus enclin à la danse, il était temps de faire un enregistrement plus personnel.

Quand as-tu réalisé que Metronomy est devenu un groupe important ?

Çà dépend en fait, en Europe, particulièrement en France, en Allemagne et en Angleterre, on est un groupe important, ici aussi je vois qu’on est très bien accueilli. Aux États-Unis, ça reste un peu différent. En Europe, c’était la première tournée où nous nous sommes vraiment sentis à l’aise, chez nous. Je pense que l’on devient un groupe important pour le public lorsque l’on se sent bien avec lui.

À tes débuts, tu faisais beaucoup de remix. C’est fini ?

Je n’en fais plus, c’était utile et intéressant pour moi au début de ma carrière mais aujourd’hui je m’intéresse plus à la production, je préfère travailler avec des gens, plutôt que de changer leur musique. J’apprends plus lorsque je collabore avec des artistes avec qui je passe du temps.

Tu penses à la production ?

Oui bien sûr. J’ai toujours aimé l’idée de travailler et de produire la musique d’autres artistes, les possibilités qu’offrent cette partie du travail sont très excitantes.

As-tu des idées de collaboration ?

Oui beaucoup, j’aime la pop, même la pop commerciale. J’aimerai travailler avec un groupe ou un(e) chanteur(se) de cette veine. On verra (rires).

Que penses-tu du paysage pop de ces 5 dernières années ?

Il y a toujours de la bonne pop, intéressante et de qualité, mais ces cinq ans n’ont pas été le meilleur cru pour le genre. Mais il y a des artistes qui se démarquent, Lorde par exemple. Lorsque les Daft Punk sont revenus avec cet aspect pop, ça m’a plu. Certains artistes comme Lady GaGa sont voués à disparaitre au profit d’artistes plus complets, c’est le piège qui guette beaucoup d’artistes.

Vous avez collaboré avec le réalisateur Michel Gondry sur le videoclip de Love Letters, comment c’est arrivé ?

Je regardais ces videoclips quand j’étais adolescent j’ai toujours adoré son travail. J’ai toujours rêvé de faire quelque chose avec lui, mais je ne pensais pas que ça se ferait. Et j’ai appris qu’il avait dans l’idée de se remettre au genre, je me suis dit que c’était notre chance. Certaines personnes de notre entourage commun lui ont dit de venir nous voir, et il a aimé Love Letters, c’était une très belle opportunité.

Propos recueillis par Morgane de Capèle

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