The Imposter, en salle dès aujourd'hui

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Juin 1994, San Antonio, Texas. Nicholas Barclay est porté disparu. Le jeune garçon de 13 ans n’est jamais revenu de sa partie de basketball amical. Octobre 1997, Linares, Espagne. Un touriste appelle la police pour reporter la présence d’un adolescent visiblement terrifié et dépourvu de toutes pièces d’identité. Jusqu’alors sans mot, le jeune homme se voit obligé de s’identifier lorsqu’il est emmené en centre jeunesse. Il prétend être Nicholas Barclay.

Un fait vécu. Une histoire connue. Le « Nicholas Barclay retrouvé » est pourtant bien différent du jeune garçon, blond aux yeux bleus, disparu depuis trois ans. Yeux bruns, teint basané, l’adolescent parle maintenant anglais avec un accent. Malgré ces changements, ou plutôt ces incohérences, la famille Barclay acceptera bras ouverts le retour de leur cher disparu. Mais il ne suffira que de quelques mois pour que de sérieux doutes commencent à grandir à ce sujet, d’abord du côté de l’agente du FBI chargée du dossier, Nancy Fisher, puis du côté d’un détective privé de San Antonio, Charlie Parker. Et finalement, la vérité frappe à la porte. L’homme qui prétendait être Nicholas Barclay s’avère plutôt être Frédéric Bourdin, un Français de 26 ans. Les enquêteurs découvrent alors que dans les années précédentes, l’imposteur a procédé à plus de 39 vols d’identité.

Un fait vécu. Une histoire connue. C’est en 2009 que, lors d’un séjour en Espagne, le documentariste Bart Layton commence à s’intéresser au sujet. Il décide donc d’en rencontrer les acteurs principaux, à commencer par Frédéric Bourdin en personne. S’en suivent les membres de la famille Barclay et les enquêteurs de l’époque. Finalement, The Imposter, le film. Pour un réalisateur, le sujet est en or, avouons-le. L’opportunisme de Bart Layton l’a donc mené à son premier documentaire cinématographique, ayant toujours fait de la télévision auparavant.

Au fur et à mesure que The Imposter avance, une question ne cesse de sonner notre esprit de spectateurs. Puis, le film finit et cette même question persiste à nous déranger de plus en plus. Mais d’où sort cette bande-annonce qui donnait tant envie de courir voir The Imposter? Parce que oui, comme la majorité des cinéphiles, j’ai regardé la bande-annonce avant pour savoir si le film me tentait. Et vraiment, ça avait l’air excellent. Alors j’ai couru. Et là, ça ne prend pas plus qu’une vingtaine de minutes avant qu’on ne se sente piégé dans le noir, devant cette platitude qui semblait tellement palpitante.

Alternant entre entrevues et recompositions fictives des événements, Bart Layton nous présente du sensationnalisme, de bord en bord. Frédéric Bourdin lui-même passe la grande majorité du film à se confier à la caméra. On le voit, toujours sous le même et unique plan, assis devant un mur en monologuant. Je me permets ici de vous avertir que ce gros morceau du documentaire ne figure pas dans la bande-annonce, évidemment. Son histoire est intéressante, certes, mais il nous la raconte comme à des enfants. Probablement une demande du réalisateur, cet enthousiasme extrême devient vite exaspérant. Même combat pour les autres entrevues. Un seul et unique plan par sujet, sensationnalisme et du long bla bla. Et malheureusement, on n’est pas épargné lors des reconstitutions d’événements. Il y a tout du cliché dans ces scènes. Les regards, la mise en scène, la musique, le montage...

Au final, on sort de la salle, blasé, ayant royalement l’impression d’avoir perdu notre temps. Et on se promet d’y repenser deux fois avant d’aller voir le prochain documentaire de Bart Layton, même si son sujet est super. Et même si la bande-annonce est incroyable.

Voilà.

Maude McConnell-Legault

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