Henry Daniel Thielcke (1788-1874): un peintre canadien méconnu

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Henry Daniel Thielcke (1788-1874): un peintre canadien méconnu

Il signait Hy. Dl. Thielcke, ou H.D . Thielcke et son nom apparaît le plus souvent sous cette dernière forme. On trouve d’ailleurs Thielke (A. Graves, 1901), parfois aussi Tielcke (Gazette de Québec, 15 février 1833), Thielki (Quebec Mercury, 17 septembre 1839), Thielkie (Quebec City Directory, 1844-45 et 1847-48; Annual Report of the Church Society of the Diocese of Quebec de 1853-1854, page 49) et même Thilkie (même source), ces derniers suggérant la prononciation.

D’autres variations ont eu lieu : Thielké (Le Canadien, 6 septembre 1838 et les procès-verbaux du Quebec High School du 3 mars 1847), Thielckle (Journal de Québec, 7 juin 1853), Thirlcke et même Tharloke (Registres de l’Église métropolitaine de Québec (anglicane) 1833 en index et page 12, ces derniers étant des erreurs de transcription.

Vie et famille

Il était le fils de l'Allemand d'origine Johann Daniel Frederick Thielcke (1760-1820) et de Anna Elizabeth Eleanora von Hertzberg, une Allemande de souche. Celle-ci était servante à Buckingham Palace pour la reine Charlotte alors que son père était membre de la United Company of Merchants of England, qui brassait des affaires à l'époque avec les Indes (East Indies, 1815). En Allemagne, il était inspecteur aux douanes à Wangerin.

Originaire de Londres, Henry Daniel Thielcke est né le 16 novembre 1788 et mort à Chicago le 25 novembre 1874 (Chicago Daily Tribune, 27 novembre 1874, page 8). Il épouse en 1820 Rebecca Piercy, née en 1801, originaire d’Oxfordshire en Angleterre et morte à Chicago le 10 mars 1885 (Chicago Daily Tribune, 12 mars 1995, page 8).

Sont nés de cette union cinq enfants : Mary Elizabeth, née le 12 janvier 1827 à Edimbourg en Écosse et morte le 18 juillet 1850 à Québec (Metropolitan Church, 20 juillet 1850), Charles (McKay) Thielcke né avant 1832 selon Karel mais en 1838 à Québec selon les archives de la famille et mort en 1884 à Dijon en France (Chicago City Directory, passim), George Benjamin, né en avril 1832 à Québec et mort le 6 février 1833 aussi à Québec (Metropolitan Church, 7 février 1833), Rebecca Henrietta, née le 27 décembre 1835 et morte le 29 juin 1837 à Québec (1er juillet 1837, Metropolitan Church), Henry Richard né le 14 mars 1838 (Metropolitan Church, 16 juillet 1838) et mort après 1879 (Chicago City Directory, passim).

Identité

Thielcke est peintre de portraits et de portraits en miniature, de sujets religieux, mythologiques, historiques et de paysage. Il a aussi été professeur de dessin, de français et d’allemand. Selon le spécialiste de l’histoire de l’art David Karel de l’Université Laval (mort en 2007), il doit être identifié avec le H. Thielcke (ou Thielke) des dictionnaires biographiques d’artistes plutôt qu’avec le H.D. Thielcke qu’on trouve dans ces mêmes ouvrages car il ne put œuvrer, comme ce dernier, au 18e siècle, étant trop jeune, et ne fut pas, de toute évidence, graveur.

Il se peut que deux artistes du même nom (par exemple père et fils) soient confondus dans le H.D. Thielcke anglais. Il est le même signalé par Groce & Wallace. Gérard Morisset, historien de l’art, fait de lui le sujet d’un court article et encore le mentionne-t-il dans son livre Peintre et tableaux (II, 99, 1937) ainsi que fait Harper. (Graves, Gazette de Québec, 13 novembre 1832), Thieme & Becker. Bénézit. Le Canada (10 juillet 1835, page 2); Harper, La peinture au Canada, page 86.

Formation et première carrière à Londres

Thielcke fut un élève du peintre Thomas Lawrence à la Royal Academy de Londres, la référence dans le domaine, de 1806 à 1807 environ, remportant plusieurs médailles pour des dessins académiques d’après nature (Quebec Mercury, 6 septembre 1838, Chicago Daily Democratic Press, 25 octobre 1854). Il a aussi été formé par l’Institution of the Arts and Sciences (British Institution) d’Angleterre (ibid.., A. Graves, 1908).

Il a commencé à exposer régulièrement dans les salons de la Royal Academy en 1805 à 19 ans et a continué jusqu’en 1816. Les œuvres exposées incluent des sujets religieux (une Madone et enfant, Madonna and Child à la Royal Academy en 1809); une Sainte Famille (Holy Family) à la British Institution en 1811 et une Femme adultère délivrée (Adulterous Woman Delivered) à la Royal Academy en 1813 (selon A. Graves); des sujets mythologiques (un Atlas à la Royal Academy en 1807, un Priam suppliant Achille pour le corps d’Hector à la British Institution en 1815; un Cupidon blessant Vénus avec de l’amour pour Adonis à la British Institution en 1816, ainsi que divers portraits d’hommes et de femmes.

Thielcke a été portraitiste auprès d’un membre de la famille royale d’Angleterre, la duchesse de York (Sophie Charlotte de Mecklemburg-Strelitz, Duchess of York, d’origine allemande), et habite la maison de la Reine (Queen’s House jusqu’en 1813). De 1814 à 1816 il s’installa à Covent Garden. Parmi ses portraits figure celui de M. William Küper, aumônier du roi Georges III (1807 à la Royal Academy) et celui de la princesse Charlotte Augusta de Galles (Wales) de 1818 (Quebec Mercury, 18 novembre 1832, page 3; Graves. Thieme & Becker). Ce dernier portrait marque la fin de ce qui est connu de l’activité de Thielcke en Angleterre. Apparemment a-t-il cessé pour un certain temps son activité artistique, suivant la mort de sa protectrice royale en 1828 et du mariage de celle-ci en 1817.

On sait également qu’il a vécu à Édimbourg en Écosse dans les années 1820 jusqu’en 1831, grâce aux archives de la ville d’Édimbourg où il a été commis au bureau des douanes (Board of Excise, 1828) et également membre des Templiers d'Ecosse (un ordre de francs maçons). Il a semble-t-il tenté de travailler en Écosse comme peintre mais sans grand succès, se frottant à William John Thomson et William Douglas. Son insuccès l'a fort probablement amené à quitter pour le Canada (blogue de Don Shelton, 2008).

Son activité à Québec

De toute évidence, Thielcke arrive à Québec entre avril et novembre 1832 (la naissance de son fils Georges Benjamin n’est pas indiquée dans les registres). Il a plus de 45 ans, est père de trois jeunes enfants et pourrait se croire le peintre le mieux formé en ville. Il ne craint pas la concurrence de Joseph Légaré et d’Antoine Plamondon, et annonce même sa reprise de la profession de portraitiste dans les journaux de Québec (Quebec Mercury, 13 novembre 1832; Gazette de Québec, 12 novembre 1832.

Selon Harper (p. 86), il se voit attribuer un atelier au château St-Louis (aujourd’hui le célèbre Château Frontenac), résidence du gouverneur du Bas-Canada (le Québec aujourd’hui) dès 1833 soit un an après son arrivée.

Ainsi commence une période de 22 ans dans la vie de Thielcke, durant laquelle sa production connue de portraits peut se compter sur les doigts de la main : le comte de Gosford en 1836, le chef huron Robert Symes à Lorette en 1840 (ces deux peintures sont au Château Ramezay à Montréal); Thomas Fargues en 1843 à l’Hôtel-Dieu de Québec; Tarieu de Lanaudière en 1853 au Petit Séminaire de Québec et Joseph Morrin en 1854 à l’Hôtel-Dieu de Québec. J’ajouterais aussi son auto-portrait (lui et sa femme, la photo qui accompagne ce texte, datant de 1857 à Chicago) ainsi que le portrait de son père Johann (1826, en Écosse).

Selon Don Shelton, Thielcke aurait aussi peint deux miniatures au Québec, dont une de Charlotte Sophia de Mecklenburg-Strelitz et une autre d'une femme inconnue. Pour infos : http://american-miniatures.blogspot.com/2006/04/thielcke-henry-portrait-...

M. Thielcke obtient la jouissance d’un local dans la maison du Parlement de Québec (le château St-Louis ayant brûlé en 1834, permettant l’exécution d’une grande peinture de St-Jean Baptiste. L’œuvre est exposée en août 1835 et la première critique, parue dans le journal Le Canadien le 19 août 1835, est favorable. Celle-ci sera suivie d’une seconde, dévastatrice, dans le même quotidien, signée «Des amateurs» (2 septembre 1835). L’auteur est, comme le suggère Gérard Morisset, Antoine Plamondon. Celui-ci fera à son tour un St-Jean Baptiste en 1838. Cette œuvre fait l’objet d’un article très élogieux dans Le Fantasque, le 28 juillet 1838. En septembre 1838, Thielcke est coléreux et prend la plume pour lancer un défi public contre Plamondon. «Pour régler définitivement cette affaire» il propose de soumettre au concours de la Société littéraire et historique de Québec (la Literary and Historical Society of Quebec) deux tableaux «pour vous disputer le prix». D’après les résultats serait décidé «de la prééminence entre nous comme Artistes». Thielcke, le seul concurrent pour les prix de la peinture, remporta le prix en 1839 pour Mort de Wolfe basé sur une gravure du célèbre tableau de Benjamin West. Au fond fantaisiste de West, il substitue l’aspect véridique des champs de bataille sur les Plaines d’Abraham (Quebec Mercury, 17 septembre 1839 et Report of the Council of the Literary and Historical Society of Quebec du 15 janvier 1840). Le deuxième tableau, un paysage, ne mérita pas de prix.

Au milieu de cette époque mouvementée, Thielcke quitte la maison de l’Assemblée pour s’établir sur la rue St-Jean en dehors des murs, dans le quartier St-Jean-Baptiste où il se tient disponible pour faire des portraits (Le Canadien, 14 mai 1838 et Quebec Mercury du 26 mai 1838). Bientôt après, en septembre 1838, il ouvre une École de dessin et de peinture (Academy of Painting and Drawing) dans la Galerie de peinture de Québec (Quebec Picture Gallery) selon Le Canadien des 5 et 10 septembre 1838. Cette galerie, un véritable musée d’art créé par Joseph Légaré et Thomas Amiot en juin 1838, occupait un édifice sur la rue Buade devant la Basilique de Québec. Les œuvres d’art furent enlevées en 1840 en raison d’un incendie (Le Canadien des 23 juin 1838 et du 27 juillet 1838). Thielcke y donnera des cours parallèles pour hommes et dames deux jours par semaine, à prix modique, permettant l’accès à ceux «qui ne sont pas riches».

En 1840, Thielcke complète un important portrait de groupe, la «Présentation d’un chef nouvellement élu au Conseil de la tribu huronne de Lorette (Presentation of a Newly Elected Chief to the Council of the Huron Tribe of Lorette). Aujourd’hui, la tribu huronne de Lorette est toujours établie à Wendake, village huron voisin du quartier Loretteville à Québec. La peinture de 1840 est exposée en permanence au Château Ramezay de Montréal. Il s’agit de la peinture la plus connue de Thielcke, entre autres grâce à ses couleurs vives et sa représentation de l’époque. Le chef du Conseil huron sur la peinture est Robert Symes, juge, commerçant et trésorier de la Société littéraire et historique de Québec, qui reçut son titre honorifique en février 1838. Le tableau est exposé chez un particulier dès septembre 1840 (Le Canadien, 7 septembre 1840). Peu de temps après, les lecteurs du journal Le Fantasque purent lire un article ridiculisant l’élection de Symes au conseil huron en 1838, bien que la tableau comme tel ne fut pas critiqué (Le Fantasque, 14 septembre 1840).

Suite à cet événement, Thielcke se dirige vers New York, probablement à la fin 1840 ou un peu après en 1841. Une lithographie de son portrait de Robert Symes est exécutée en 1841, selon le Musée du Québec (aujourd’hui le MNBAQ) et sera vue à Québec en mars 1842 en deux versions : une grisaille, l’autre en couleur. Entre temps, Thielcke emploie son pinceau pour faire le portrait des New Yorkais, exposant quatre (dont trois déjà vendus) à la National Academy of Design en 1842, plus un paysage (Early Morning). Source : National Academy of Design Exhibition Record 1826-1860, tome II

Revenu à Québec en 1842, Thielcke annonce la nouvelle adresse de son atelier en octobre (Quebec Mercury, 8 octobre 1842). En 1843, il fera le portrait du docteur Thomas Fargues, médecin à l’Hôtel-Dieu de Québec.

Vers la fin de 1845, Thielcke pose sa candidature au poste de Preparatory Master du Quebec High School. Sans être formellement engagé, il commence à enseigner le français et le dessin dans cette école, apparemment en mai 1846 (The Berean, 28 mai 1846). Il est engagé comme French Master en janvier 1845, poste qu’il conserve jusqu’à la fin de 1850, voire jusqu’à la fin de 1853, peu avant son départ de Québec pour Chicago (procès verbaux du Quebec High School, 1847, 1849 et 1853).

Il s’agit d’une époque de prospérité pour Thielcke. Il contribue régulièrement à la Church Society of the Diocese of Quebec à partir de 1850 et devient membre de la corporation en 1854. Aussi, accepte-t-il le poste de secrétaire adjoint de la Société littéraire et historique de Québec dans la première partie de 1851, succédant à A.T. Thielcke (ou A.F. Thielcke), avocat et professeur et probablement son frère. Il accepte ce poste sans rémunération adéquate et sera formellement élu secrétaire du conseil au début de 1852. L’historien François Xavier-Garneau lui succédera. En 1853, Thielcke devient recording secretary et membre de la Class of Fine Arts de la Société, dont le nombre est limité à cinq personnes. Il sera réélu à ce poste au début de 1854, selon le Quebec Morning Chonicle et aussi été le juge lors des concours annuels de peinture et de poésie.

Quelques semaines après les élections de 1854, la Société, qui jouissait de locaux dans les maisons du Parlement de Québec, est affligée par l’incendie qui détruit cet édifice. Bien qu’on ait pu sauver la précieuse bibliothèque de la Société, le contenu de la salle du secrétaire – c’est-à-dire celle de Thielcke, fut complètement perdu, de même que de nombreux objets constituant les collections de la Société. Il est possible que des œuvres de Thielcke, comme des portraits de membres de la Société (comme Sewells par exemple), aient disparu par cette occasion.

Thielcke continue d’assister régulièrement aux réunions de la Société littéraire et historique de Québec suivant l’incendie, jusqu’en avril 1854. Aussi fait-il le portrait de Joseph Morrin à cette époque. La peinture est conservée à l’Hôtel-Dieu de Québec. Alors survient une période de quatre mois sans procès-verbal de la Société, dont Thielcke est toujours le Recording Secretary. Tout indique que Thielcke eut un différend avec la Société, après quoi il décidé de quitter précipitamment le Québec. Il fut renvoyé par la LHSQ (Literary and Historical Society of Quebec) pour incompétence en 1854 et on changea même la clé du coffre-fort. Il semble que ce soit la raison qui l'ait motivé à émigrer aux États-Unis, selon la Société.

La LHSQ avait en effet quelques oeuvres de Thielcke dans ses collections, mais malheureusement ces oeuvres ne sont plus présentes.

Un procès aura lieu entre Thielcke et la Société en 1856 selon le rapport du trésorier du 13 janvier 1856, probablement lié à l’imbroglio autour de la gestion du coffre-fort¸en 1854. David Karel, spécialiste de l’histoire de l’art de l’Université Laval, avance pour sa part que le procès a possiblement un lien avec l’arrivée à Québec du peintre Théophile Hamel, qui fera plusieurs portraits pour la Société littéraire et historique de Québec dès 1854.

Quoiqu’il en soit, il est certain que les finances de Thielcke à l’époque dépérirent rapidement suivant l’incendie des maisons du Parlement. Une notre concernant le portrait du docteur Joseph Morrin indique que celui-ci a consenti à se laisser peindre par le jeune anglais Thielcke pour lui faire gagner quelque chose (selon les Archives de l’Hôtel-Dieu de Québec). Une autre plus explicite encore, dit que l’auteur du même tableau fut un élève anglais dans un état voisin de la misère que le docteur voulait encourager. Thielcke, besogneux et sans le sous, quitte le Québec.

Activité à Chicago

Le peintre amène sa famille à Chicago, arrivant officiellement le 20 septembre 1854, selon la Chicago Historical Society. Dès le 25 octobre 1864, il annonce des leçons des peinture et dessin (Lessons in Painting and Drawing) ainsi que sa disponibilité pour faire des portraits trois jours par semaine, selon le Chicago Daily Democratic Press du 25 octobre 1854. Il a 67 ans. Bien que peu d'oeuvres sont connues de l’époque où Thielcke était à Chicago (sauf son autoportrait avec sa femme en 1857 : http://patwhite.com/exclusif-le-premier-portrait-officiel-du-peintre-hen...) et cette peinture de Sarah Walker Davis (http://patwhite.com/exclusive-new-painting-henry-daniel-thielcke-found-c...) , il est certain qu’il a continué à faire des portraits ou a cherché à attirer de la clientèle jusqu’en 1864, car après il a cessé de mettre des publicités dans les annuaires de la Ville de Chicago (Chicago C.D. 1864-1865, page 584). Il a conservé l’appellation d’artiste jusqu’en 1873, année avant sa mort à l’âge de 87 ans.

Appréciation critique

La pauvreté de la production artistique de Thielcke apparaît comme son plus grand défaut. Tout compte fait, sa réputation repose principalement sur un seul tableau, celui du chef huron vers 1840. Cette œuvre montre clairement la compétence technique de l’artiste, ainsi permettant d’entrevoir les clauses de la terrible rivalité qui l’opposa à Plamondon.

Thielcke fut sans conteste l’un des peintres les plus compétents à Québec entre 1832 et 1852. Les causes de son échec, car il faut parler d’échec, sont attribuables à des facteurs autres que l’habilité de son pinceau. On peut d’abord signaler un manque d’originalité, vu que Thielcke a préféré travailler d’après Benjamin West pour le concours de la Société littéraire et historique de Québec en 1839. Par ailleurs, le fait que son St-Jean Baptiste (tableau de 1835) baptise de la main gauche suggère que cette œuvre fur aussi basée sur une gravure, selon Le Canadien (2 septembre 1835).
Au fait, Thielcke entreprit à Québec seulement une œuvre, outre les portraits, qui semble avoir été originale, étant le paysage soumis à la Société en 1839.

L’absence dans sa production de thèmes religieux peut être attribuée partiellement à son rival, le peintrre Plamondon qui taxa Thielcke d’artiste étranger auteur de tableaux qui ne valent rien (Le Canadien, 2 septembre 1835). Après son unique tentative dans ce domaine, le Saint-Jean Baptiste qui évoqua justement cette critique acerbe, le sort artistique sera limité au secteur anglophone et protestant de la Ville de Québec, dont les églises ne semblaient prendre comme œuvre d’art que des sculptures funéraires.

Concernant son activité principale, le portrait, il paraît que Thielcke était enfin en mesure d’obtenir des commandes de personnages influents à l’époque précédant l’incendie de la maison du Parlement de Québec : Tarieu de Lanaudière, futur maire de Joliette en 1853; Joseph Morrin, maire de Québec, en 1854. Mais l’exode des hauts personnages suivant l’incendie du Parlement a réduit l’espoir pour une continuation de ses commandes, en même temps qu’un nouveau rival, Théophile Hamel, vient prendre sa part du marché. Il faut signaler la mauvaise qualité des portraits de Thielcke à l’Hôtel-Dieu, et le fait qu’ils ne plaisaient pas. Le Dr. Morrin trouvait que le sien manquait de ressemblance, exprimant sans ambages qu’il n’aimait pas cette peinture, selon les Archives de l’hôpital. Thielcke, en effet, ne savait agrémenter ses portraits de sorte que ses personnages, dont les deux portraits de la fin de son séjour à Québec, semblent être souffrants.

Le départ de Thielcke apparaît donc comme une démission mentale à la fin d’une carrière décevante. Le peintre semblait vouloir pour ses fils, qui n’élurent pas la profession de leur père, un nouveau cadre de vie à Chicago.

Ce texte de David Karel a été écrit pour le Dictionnaire biographique du Canada, mais n'a jamais publié. Il a été mis à jour et corrigé par Patrick White en septembre 2017.

© Patrick White 2017, tous droits réservés.

Pour tout savoir sur Thielcke, consultez mon dossier complet : http://patwhite.com/thielcke

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Commentaires

H. D. Thielcke

Il y existe une peinture de H. D. Thielcke au musé mcCord a montreal

H.D. Thielcke

Portrait de Patrick

Bonjour et merci. Avez-vous d'autres infos sur Thielcke? Il vous intéresse aussi?

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