Étoile scintillante et inclassable, Janelle Monáe a conquis le Métropolis

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Janelle Monáe présentait le second spectacle montréalais de sa carrière au Métropolis mercredi soir (après une première apparition à Osheaga l'an dernier). Il ne pouvait y avoir meilleur coup d'envoi pour les spectacles en salle de ce 33e Festival international de jazz de Montréal.

C'est dans un décor dépouillé, sous quelques projections réminiscentes du cinéma des années 1960 que l'énergique chanteuse, originaire de Kansas City, a fait son apparition sous les vivats d'une foule gagnée d'avance.

Les projections ont tôt fait de laisser toute la place à un orchestre de 14 musiciens, au son très bien calibré, qui a interprété les pièces de l'album The ArchAndroid (Suites II and III) de manière cohérente bien qu'un peu prévisible. Il y avait là deux percussionistes (batterie et congas), un claviériste, un guitariste, un bassiste, deux personnes à la section cuivres, sans oublier les choristes, la section d'instruments à cordes et un genre de MC. Tous et toutes vêtus de noir et de blanc, pour faire écho à l'uniforme de leur géniale directrice artistique.

Mais revenons justement à ce véritable OVNI de la musique hip-hop, R&B et soul qu'est Janelle Monáe. Son personnage de scène androgyne et fluide, ses talents de danseuse, sa voix haut perchée et parfaitement maîtrisée avaient un je ne sais quoi de familier. Un quart d'heure après le début du spectacle, l'ombre d'un grand chanteur planait déjà sur scène. Est-ce que ce petit bout de femme pouvait à ce point rappeler un certain Michael Jackson? La réponse nous en a été donnée assez rapidement. À la moitié du premier acte, Miss Monáe Robinson a interprété le vieux hit des Jackson Five, I Want You Back, de manière absolument convaincante. Fermer les yeux donnait des frissons, puisque l'esprit préadolescent du King of pop semblait avoir pris possession de sa voix.

Cet intermède fut la seule dérogation à l'univers de science-fiction proposé par Janelle Monáe et sa bande de musiciens talentueux – qui ont d'ailleurs pris toute la place qui leur revient et fusionné avec la chanteuse durant le rappel.

En guise de clôture, nous avons eu droit à une version de Come Alive qu'on pourrait qualifier de tribale, vaudou ou carnavalesque. Un numéro collectif de danse parfaitement chorégraphié, à la fois sombre et exubérant, qui nous a ramené aux racines africaines de ses interprètes... et qui a aussi fait ressortir la féminité de Janelle Monáe. La houpette digne d'un Tintin qui aurait trop mis de Spray Net? À moitié défaite. Le chemisier? Froissé, et sorti des pantalons à taille haute. L'imagination du spectateur n'avait plus qu'à faire le reste, et c'était très bien comme ça. La seule chair dénudée du spectacle aura été celle d'une peinture exécutée en direct au premier acte, et remise à une admiratrice dont c'était l'anniversaire...

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