En toute simplicité avec DJ Champion pour la sortie de Best Seller!

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Champion Best Seller - Photo: Myriane Huard
Champion Best Seller - Photo: Myriane Huard
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Champion Best Seller - Photo: Myriane Huard

C’est lors d’un 5 à 7 sans artifice, ni prétention et sans paillettes, que je suis allée à la rencontre de Maxime Morin, DJ Champion, qui faisait le lancement de son tout dernier album «Best Seller», sur la terrasse de la Société des Arts Technologiques (SAT).

Nous avons discuté ensemble de son nouvel album ainsi que la réalisation derrière ce petit dernier! Un atmosphère décontracté, entouré des médias et de son entourage proche, furent la recette parfaite pour animer cette soirée de lancement, sans le côté « branchouillard » superficiel de la chose.

C’est une rencontre très sympathique avec un gars qui a envie de vivre les petits plaisirs de la vie en toute simplicité. Vivre intensément, c’est bien, mais prendre le temps de vivre les choses à son propre rythme, c’est beaucoup mieux pour savourer chaque instant dans une vie où tout se passe à la vitesse grand V! Maxime n’a pas changé depuis la fois où je l’ai croisé lors de la soirée, où il se produisait avec l’orchestre symphonique, pour son album °1. Il est toujours la personne authentique, accessible et généreux de son temps qu’il accorde à ses fans et aux médias.

J’en ai profité pour lui poser quelques questions :

Myriane Huard: Qu’est-ce que tu avais envie d’explorer avec ce nouvel album ?

Maxime Morin:

À la base, j’ai pris 4 chansons sur l’album : Life is good, I can’t let go, Claustrophobic et Lead on qui étaient des tunes que j’ai fait pour un album que je n’ai jamais sorti, c’était entre les albums Chill’Em All et Résistance. J’avais fait un disque et je trouvais que c’était une suite facile de Chill’Em All et j’avais décidé de foutre tout ça aux poubelles, donc j’ai fait l’album Résistance à la place. Résistance, c’était résister à la facilité, à la simple suite. Avec le « aftermath », je me suis aperçu que c’était une erreur, la facilité ça n’a jamais été un problème. La facilité en fait, c’est la simplicité, des fois les meilleures idées sont les plus simples, des fois… souvent ! La simplicité, cela ne veut pas dire que tu ne manques pas d’audace, tu peux être simple, mais même pour être vraiment simple, ça prend des couilles, sauf que si tu n’as pas de couilles, ben tu vas te servir de ton intelligence et faire quelque chose de super raffinée, recherché et bla bla bla…donc c’est un peu une perte de temps.

L’idée de base c’était de faire un album avec juste ces tunes-là et finalement j’en ai gardé quatre, parce que j’ai voulu faire également du nouveau matériel qui appartient à cette époque-là. J’ai essayé de les retravailler pour les faire plus actuel, mais il n’y avait rien à faire. Au lieu de se battre avec une version, je les ai laissées tomber. Souvent, lorsque je compose des trucs, tout arrive en même temps. Le drum, les guitares, la voix, les paroles, c’est souvent en un jet. C’est bien rare que j’aie à chercher des idées pour une tune, tout arrive en même temps. Il y avait des vieilles affaires qui ne « fittaient » plus maintenant, que j’ai retravaillé juste le drum d’une tune…et je me suis dit « non, ce n’est pas comme ça que je travaille ».

M.H. : J’ai lu dans un autre article que malgré les petites imperfections, tu avais pu faire un lâcher prise.

M.M. :

En travaillant avec l’erreur intentionnelle, des fois tu vas faire une part de guitare, puis tu vas faire une gaffe et quand tu fais le « loop », c’est-à-dire que lorsque tu le répètes, tu le joue une fois, tu fais une gaffe, puis si tu répètes une gaffe, « over and over » (à répétition), ça devient une nouvelle norme. Quand je me suis aperçu de ça, c’était sur Chill’Em All surtout. C’est ce que je fais depuis ce temps-là, mais là, je l’ai mené à un autre niveau, encore plus présent. J’ai mis moins de crémage et moins de raffinement pour camoufler les affaires.

M.H. : Donc à l’état brut!

M.M.:

Oui plus brut, plus t’aimes ou tu n’aimes pas. Sauf que tu as une meilleure photo, plus définie, moins de détails.

M.H. : Pourquoi as-tu appelé ton album Best Seller?

M.M.:

Ha ha ouais ! C’est un peu le même concept que DJ Champion, c’est vraiment juste de la « joke »…maintenant on ne vend plus de cd, d’appeler un disque Best Seller, c’est comme « whatever », maintenant que l’industrie du disque est comme complètement moribonde. Ce n’était pas vraiment ça, mais c’était plus la « joke » pure et simple, au premier degré. C’est super important de ne pas me prendre au sérieux dans ma démarche.

M.H. : J’ai remarqué que la pièce Julio’s Holly Rodeo, me faisait penser un peu à une espèce de suite à No Heaven. Est-ce que c’est possible?

M.M. :

Non, ce n’est pas une suite, mais je le vois comme un compliment ! En fait, c’était vraiment la base de la tune, si je me rappelle bien, c’était le kick drum, la tune a commencée avec le kick drum, c’est ce qui fait office de « baseline » en même temps, puis c’est à partir de ça que j’ai construit tout ce titre. Au début, j’étais un peu timide avec la guitare qui roule vite, puis à un moment donné, je me dis « Aye non, j’adore Dick Dale! ». Dick Dale c’est lui qui a inventé ce type de guitare-là…tu sais la tune de Pulp Fiction (Pumpkin and Hunny Bunny-Misirlou). Puis finalement, je me suis complètement dédouané. Je me suis dit « Non, j’adore l’artiste, j’adore Dick Dale! » c’est un peu un hommage à son travail…pur et simple.

M. H. : Dans le titre « life is good », (la pièce qui jouait en fond lorsque je discutais avec Maxime), est-ce que c’était dans un moment de joie, le « mood » dans lequel que tu as créé ce titre avec la chanteuse ?

M.M. :

Tu sais à la base, la tune a existée longtemps sans paroles. Au début, je pensais que pour le refrain, j’allais mettre des trompettes ou quelque chose d’autres, je ne savais pas trop. Puis à un moment donné, j’étais en chimiothérapie et avec Rebecca, mon ancienne copine, on était allé à une fin de semaine à Niagara Falls. C’était une belle journée, gros soleil, elle était dans là, elle conduisait la bagnole et elle était super belle. Un moment donné j’avais la tune dans la tête, on ne l’écoutais pas [dans la voiture], mais je l’avais dans la tête, puis la vie était belle, ça faisait « life is good!», ça s’est fusionné ensemble et je me suis dit « ah oui! Life is Good! Yeah! , le refrain avec des la la la! ». Il y a 6 ans, je n’aurais pas été capable de mettre des « la la la » sur une tune, là c’est comme « Holly f***k yes, i’m going down! ».

M.H. : Suite à la nouvelle lorsque tu as appris que ta rémission était terminée, comment as-tu célébré ça?

M.M. :

Je ne me rappelle pas du tout *rire*! Quelqu’un m’a posé la question puis, si je me fie à moi-même, j’ai fort probablement rien fait. C’est rare que je vais célébrer des événements ou que je vais donner des cadeaux pour des événements précis. Si tu es ma blonde, je vais te donner un cadeau le jeudi matin pour rien, mais je ne t’en donnerais pas à la Saint-Valentin. Puis moi les célébrations, souvent c’est ça, mais par exemple comme ce soir, c’est le lancement, mais je n’ai pas l’intention de partir sur la brosse pour autant, je ne me sens pas obligé, je peux partir sur la brosse demain lundi, mardi…on a toute la vie!

M.H. : Mis à part les spectacles à venir au festival de jazz de Montréal et au Club soda, est-ce que par la suite tu as d’autres projets qui vont se faire avec certains autres artistes ou par exemple remixer de la musique pour des chanteurs ou un fantasme de faire de la musique pour un film ?

M.M. :

Non pas du tout, mais peut-être éventuellement produire pour d’autres mondes. Par contre, du monde que moi je choisis, partir peut-être des « side projects ». Par contre, en ce moment ce que j’ai envie de faire, c’est des albums, pas juste une tune de « side project » …un album complet de « side projets » ! Il n’y a rien d’organisé dans le moment, peut-être des collaborations, mais pas de musiques de films, ça c’est clair ! Je fais tellement plus d’argent à vendre ma musique déjà faite dans les films, vendre des licences, puis tu sais tant qu’à travailler, j’aime autant à travailler des sons pour moi. Parce que faire de la musique de films, ça j’ai déjà fait et c’est une exploration qui ne m’intéresse plus vraiment.

M.H.: Est-ce qu’il y a autre chose que tu aurais aimé essayer, que tu n’as pas fait jusqu’à maintenant, côté expérimentation musicale ?

M.M.:

Non pas vraiment, mais il y aurait peut-être faire quelque chose de résolument pop que j’aimerais faire, plus par défi, juste voir jusqu’au point où je suis capable de faire quelque chose d’ultra méga populaire, pas pour savoir si ça marche, mais pour savoir si j’ai la dextérité et la connaissance musicale pour faire ça. Cela pourrait être un défi ou simplement faire des affaires complètement abstraites qui s’adresse à 48 personnes dans le « downtown Montreal ». Soit pour relever un défi ou soit me faire plaisir à moi-même.

En ayant rencontré Lou Laurence, qui écrit bien, j’aimerais ça faire des projets avec elle, peut-être pas nécessairement elle ou moi en « front », mais avec Lou ça va vite écrire, elle écrit bien les paroles, donc ça pourrait être ça, on verra.

Au moment où nous avions terminé l’entrevue, la jolie Rebecca Makonnen est venue dire un bonjour à Maxime. Malgré que leur relation amoureuse soit terminée, ils ont visiblement toujours gardé une très belle complicité…c’était beau à voir!

Pour plus de détails sur l'album Best Seller de DJ Champion: https://djchampion.bandcamp.com/

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