« Dans l’ombre d’Hemingway » : les tourments d’inspiration d’un vieux lion

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28 octobre 2011 - 00:00
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Qu’est-ce qui inspire un écrivain ? Quelles circonstances arrivent à rallumer sa flamme ? La page blanche est-elle aussi effrayante à 20 ans qu’à 60 ? Une jeune muse italienne suffit-elle à redonner le goût d’écrire à un vieil homme épuisé ? Tant de questions et de moments de grâce offerts par l’auteur et metteur en scène Stéphane Brulotte avec la pièce « Dans l’ombre d’Hemingway », présentée au Théâtre Jean Duceppe jusqu’au 3 décembre.

Après avoir lu après tout ce qu’il pouvait lire sur l’écrivain américain ayant accouché du roman « Le vieil homme et la mer », Stéphane Brulotte a choisi d’imaginer quelques mois de l’an 1950 où une jeune muse vénitienne aurait visité Hemingway et sa femme pour lui redonner l’inspiration. Éreinté par la critique, jaloux d’un William Faulkner nobélisé, abandonné par le génie créateur et diablement tenté par l’effervescence de la jeune italienne, Hemingway se perd dans l’alcool et laisse courir ses mains et sa bouche sur les courbes de son invitée.

Une chaise longue où il se laisse choir, un bureau où il n’avance à rien et un ciel gris chargé. Une plage, une scène qui se transforme en un pont sur pilotis et les vagues de la mer en arrière-plan. Une table de bistro et une ambiance un tant soit peu plus urbaine. Voici les trois décors simples, mais drôlement efficaces imaginés par Richard Lacroix (exception faite de la projection d'un énorme lion qui jure avec tout le reste).

Marie Michaud, jouant la femme dévouée qui se libère tranquillement d’une frustration trop longtemps réprimée, et Linda Sorgini, interprétant la mamma italienne qui est prête à tout pour "défendre" sa fille contre le vieux loup, sont toutes deux très intéressantes et divertissantes à voir aller. Pour le reste, on ne croit presque jamais au couple formé par Michel Dumont et Bénédicte Décary, et les accents des comédiens n’ont clairement pas profité d’une direction claire du metteur en scène (un mélange de québécois et de français international pour le couple d’Américains de Michaud et Dumont VS un français imprégné d’italien pour Sorgini et un accent constamment vagabondant pour Décary).

L’écriture de Stéphane Brulotte n’est pas toujours constante, mais l’auteur offre tout de même au public du Théâtre Jean Duceppe plusieurs très bons moments : des touches d’humour et de sarcasme qui vont droit au but, une réflexion sensible sur les affres du métier d’écrivain et la mise en scène d’un couple mort de l’intérieur. Une belle soirée au théâtre.

Théâtre Jean Duceppe – 26 octobre au 3 décembre

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