Critique du film «Rhymes for young ghouls» de Jeff Barnaby

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Rhymes for young ghouls

Premier long-métrage du réalisateur Mi’gmaq Jeff Barnaby, Rhymes for young Ghouls (Rimes pour revenants) explore le monde méconnu des réserves amérindiennes. Le film a été présenté en première dans le cadre du Toronto international film festival, pour ensuite poursuivre son trajet au Vancouver international film festival ainsi qu’au Festival de Nouveau Cinéma de Montréal.

Tourné au Québec à Kanhawake en Montérégie, le film se déroule dans les années 70 : époque pas si lointaine où on plaçait les jeunes amérindiens dans des écoles dirigées par les authorités religieuses et où l’éducation était fait à la dure… « Ne pas connaître l'existence des pensionnats, c'est comme de dire qu'on ne sait pas ce qu'est l'Holocauste» affirme-t-il en entrevue avec l’agence QMI.

Synopsis

À l’âge de 7 ans, Aila (Kawennahere Devery Jacobs) voit sa famille s’écrouler : suite à la mort accidentelle de son petit frère, sa mère se suicide et son père est emprisonné. Seule survivante, c’est son oncle Burner (Brandon Orakes) qui l’élève dans le monde du traffic de drogues. Dès l’âge de 15 ans, Aila dirige le commerce des substances illicites sur la réserve de Red Crow. L’argent ramassé lui permet d’acheter la paix du tyrannique agent Popper, qui s’acharne avec cruauté sur les aborigènes de la réserve. Lorsque son père Joseph sort de prison et que Popper vole l’argent de transactions de drogues d’Aila, les choses se bousculent et l’heure de la vengeance a sonnée.

Épique, sombre et vengeur, Rhymes for young ghouls est un mélange de plusieurs genres dans une formule assez unique. Tourné dans un décor d’automne dans les teintes de brun, l’ambiance sonore du film est plus que séduisante (coup de coeur pour Sinister Kid des Black Keys et Black Water de Timber Timbre).

Hanté par le fantôme de sa mère et de son frère, Ali est rien de moins qu’une survivante et une héroïne en constant combat. La voix off du personnage principale d’ailleurs accompagne une part du récit, nous laissant ainsi entrevoir dans quel monde elle vit. Elle nous en dicte les règles et confie les secrets de la survie sur les terres de Red Crow.

On en voit pas assez de film comme ça, où s’entremêlent l’anglais et le Micmac. Des films où, enfin, on parle des premières nations qui occupent ces terres depuis longtemps. Les autochtones ont une culture et une histoire propre à eux qui nous est trop méconnue. Comme le souligne le réalisateur Jeff Barnaby : .Quand on y pense vraiment, c'est un peu fou. La devise du Québec est "Je me souviens", le nom "Québec" est un mot algonquin […]. » (QMI)

La sortie de Rhymes for Young Ghouls devait avoir lieu le 31 janvier. La date a été reportée au mois de février.

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