Cosmopolis, ou la chute d'un empire

Début de l'événement: 

06 juin 2012 - 00:00
Catégories:

Une espace froid, déconnecté du réel. Une bulle abstruse dissociée du social et prête à exploser d’un instant à l’autre… Dans Cosmopolis, le tout dernier film du réalisateur d’origine torontoise David Cronenberg, se heurtent éléments du tangible et de la représentation pour dénoncer un système politique et économique avide de pouvoir, le capitalisme.

Fidèle à l’esprit du roman éponyme de l’écrivain américain Don DeLillo (Americana, End Zone, Underworld), l’adaptation cinématographique, dont le scénario a été écrit en à peine six jours, situe l’univers impénétrable de la haute finance dans un New York en pleine crise existentielle. Y évolue Eric Packer, jeune surdoué qui personnifie toute la froideur d’une doctrine que l’extension du libéralisme sans limites a mené à sa perte.

En l’espace de 24 heures, tout bascule. Mais Packer, qu’interprète avec brio l’acteur et mannequin britannique Robert Pattinson (série de films Twilight, Bel Ami, Harry Potter et la Coupe de feu), n’a qu’une idée en tête. Traverser Manhattan pour une coupe de cheveux. Demande ridicule d’un personnage sans états d’âme que seul l’intensité du sexe et de la bestialité semble enflammer.

Autour de la prétentieuse limousine blanche dans laquelle s’engouffre le prophète de la bourse, gardes du corps, intellectuels, victimes et profiteurs valsent avec le chaos. Formant un étrange cortège de figures symboliques, ils prennent part à la quête initiatique d’un ego plus grand que nature qui tranquillement s’enlise dans son humanité.

Dans la tourmente, en pleine visite du président des États-Unis, altermondialistes et conformistes prennent part à la descente aux enfers d’une ère et de son unique protagoniste, être ravagé par l’ennui et le mensonge. Tourné en plein Occupy Wall Street, Cosmopolis nous plonge tête première dans cette bulle spéculative qui contrôle tout, des marchés mondiaux aux pions de l’économie, pour qui le mot «croissance» n’a pas de prix. À l'affiche dès le 8 juin.

* Avec Juliette Binoche, Jay Baruchel, K’Naan et Paul Giamatti.

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Google icon

Ajouter un commentaire