Compostelle Jour 8 : un chemin de Compostelle condensé en une seule journée

Catégories:

«Notre chemin de Compostelle, nous l’avons marché le long de la route d’aujourd’hui», m’a dit l’une de mes amies pèlerines ce soir. Au terme de cette journée particulièrement éprouvante physiquement, les pieds meurtris, je suis tout à fait d’accord avec elle. J’ai l’impression que mon corps est une ville en ruine...

Pourtant, ce n’est rien si l’on compare à ce que vivent ces gens qui sont atteints du cancer et pour qui je marche cent fois plus que je ne m’en serais cru capable depuis presque 10 jours.

Nous avons donc convenu d’accorder nos pas aujourd’hui pour le petit Clément, petit-fils de notre bon ami Bernard, atteint d’un cancer alors qu’il n’est âgé que d’à peine 5 ans. Nous avons avancé en l’honneur du courage et de la force d’un petit bonhomme que nous ne connaissions pas mais qui emplissait, sans le savoir, nos cœurs de marcheurs.

Personnellement, j’ai aussi défié ce chemin escarpé, sous un soleil brûlant, à la mémoire de Lyette, la mère de ma belle-sœur, emportée par le cancer quelques jours seulement après avoir tenu dans ses bras, pour la première et ultime fois, ses deux jumelles de petites-filles…

Pour eux, j’ai déposé quelques pierres le long de la route, me suis arrêtée pour souffler un peu mais aussi, surtout, pour admirer ce monde tout beau qui prenait un sens tout autre sous mes pieds.

Si ce chemin fut ardu il fut aussi, fort heureusement, parsemé de moments magiques: la traversée du joli petit village médiéval de Saint-Côme d’Olt, par exemple, ou la splendide récompense d’une vue imprenable sur la ville d’Espalion après une montée fulgurante (j’exagère à peine!) à travers les bois, les pierres, la chaleur et la poussière.

C’est lors d’un passage plutôt difficile qu’Isabelle - une Québécoise rencontrée sur le chemin et avec qui le temps de marche semble souvent passer nettement plus rapidement - m’a fait le commentaire suivant: «Ce chemin représente tout à fait la vraie vie: descendre pour mieux remonter et monter pour mieux redescendre».

J’ai souri en réalisant qu’entre deux pierres roulant sous mes chaussures, tout au long de cette descente, j’avais su tenir bon, piquer mes bâtons solidement au sol et lutter sereinement pour me rendre au pied de la montagne, tout cela afin de mieux remonter, et d’avancer.

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Google icon

Commentaires

Bonjour :-)

Votre récit est facscinant. Ne soyez pas chiche avec les détails...décrivez les paysages, dites-nous pourquoi la marche est difficile, parlez-nous des détours, des annecdotes, des conseils pour ceux comme moi qui sont tentés par l'expérience. La température? Les arrêts la nuit? Vous campez? Vous mangez où? Des details, j'adore.

Ajouter un commentaire