L'envoûtante Existoire de Richard Desjardins

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C’est mercredi soir au Club Soda que Richard Desjardins présentait pour la première fois en sol montréalais son spectacle, récemment primé au gala de l’ADISQ, «L’Existoire». Devant une foule manifestement fébrile de le retrouver, Desjardins s’est présenté, tout sourire, en lançant un «Bienvenue au Club Sold-out !» bien senti. Le ton de la soirée était donné.

N’ayant rien perdu de sa verve habituelle, Desjardins y est ensuite allé d’une série d’interventions portant sur des thèmes qui lui sont chers et, plus particulièrement, sur les progrès et les avancées de l’Action Boréale, organisme qu’il a cofondé en 2000, dont le principal objectif est de promouvoir la sauvegarde de la forêt boréale pour les générations futures. «Nous sommes tous fils et filles de mineurs et de forestiers» a-t-il lancé tentant ainsi de rallier une foule visiblement déjà sympathique à la cause.

Ce sont toutefois les nombreuses pointes lancées au gouvernement conservateur canadien, et plus particulièrement au premier ministre Stephen Harper, qui ont suscité le plus de réactions du public. Desjardins a notamment fustigé M. Harper au sujet de ses actions dans le dossier du registre des armes à feu, des dépenses militaires accrues et principalement de son intransigeance menant à l’annulation de l’accord de Kelowna. «Je ne vous le pardonne pas M.Harper» a conclu l’artiste qui en avait visiblement gros sur le coeur.

Même si la foule semblait apprécier les propos de l’auteur-compositeur, elle y était pour entendre ses nouvelles pièces. Car ce sont elles, les pièces de l’album «L’Existoire», qui ont occupé la majeure partie du spectacle. Brillamment interprétées par Desjardins et sa bande ( Claude Fradette aux guitares, Tommy Gauthier au violon, mandoline et batterie, Mélanie Auclair au violoncelle et banjo, Jean-Denis Levasseur au saxophone, clarinette et flûtes et Karl Surprenant a la basse et contrebasse ) elles ont littéralement envouté la foule ( respectueusement silencieuse lorsqu’elle se devait de l’être et bruyante et enjouée lors de chansons plus rythmées). On pouvait, tour à tour, savourer chaque note de la magnifique pièce instrumentale «Elvira» et s’époumoner sur l’entrainant refrain de «Développement durable» : « J’pille, j’pille, j’pille. Ben correct, ben correct. J’pile, j’pile, j’pile. Ché pu quoi faire avec.»

Desjardins n’a pas été avare de ses succès, nous offrant quelques-unes de ses plus belles chansons au travers de son Existoire . «Le bon gars», «Va toujours y avoir» «l’homme canon» et une puissante version de «Les Yankees» sont venues embellir une sélection musicale sans faille.

Au rappel, M. Desjardins s’est présenté seul au piano pour nous offrir l’intemporelle «Tu m’aimes-tu». Rarement il m’a été donné d’assister à un tel moment de communion entre un artiste et son public. Un sentiment décuplé du fait que le Club Soda s’était donné des airs de monastère tellement le silence y régnait. L’orchestre entier l’a ensuite rejoint sur scène pour terminer le spectacle avec la festive «Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours» ayant vite fait de faire bondir, danser et chanter l’assistance qui en redemandait.
Il faut bien se rendre à l’évidence, Monsieur Desjardins ne l’a pas volé son Félix de spectacle de l’année !

Le spectacle «L’Existoire» de Richard Desjardins est présenté au Club Soda jusqu’au 4 novembre 2012.

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Commentaires

Super bon article sur le

Super bon article sur le spectacle. On se sent comme si on y était. Je vais m'assurer de ne pas manquer ça en supplémentaire.

Spectacle Richard Desjardins

Bon spectacle sauf la sonorité était nulle. Je ne comprenait aucune parole des chansons sauf ««Tu m'aimes-tu»
Décevant

Ce gars là gagne des trophés

Ce gars là gagne des trophés à la disque, mis en nomination et pourtant à la radio il n'y a pas sa place... Allo ! C'est un Québécois, un Abitibien pur laine, c'est quoi le problème ?

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