«Casse-tête chinois» : clap de fin d'une belle trilogie

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Jeudi 17 mars, Cédric Klapisch est venu présenter son nouveau film Casse-Tête Chinois au Cineplex du Quartier Latin à Montréal.

2002 - L’Auberge Espagnole : Xavier (Romain Duris) a 25 ans, il est étudiant, en couple avec Martine (Audrey Tautou), paumé et part faire ses études à Barcelone où il croisera la route d’Isabelle (Cécile de France) et Wendy (Kelly Reilly).
2010 – Les Poupées Russes : Xavier a 30 ans, il est paumé, il écrit des histoires à l’eau de rose et des biographies pour petites célébrités en mal de reconnaissance. Il accumule les histoires insipides et finit par tomber dans les bras de Wendy.
2014 – Casse-tête chinois : Xavier a 40 ans, il est devenu auteur à succès, il est divorcé et père de deux enfants. Lorsque Wendy lui annonce qu’elle part pour New York et qu’elle les emmène dans sa nouvelle vie, il ne voit pas d’autres possibilités que de s’envoler aussi. Ça tombe bien, Isabelle, à qui il a permis d’avoir un enfant, vient de décrocher un job là-bas. Xavier est toujours paumé.

Nous retrouvons donc Xavier, Isabelle, Wendy et Martine à New York, essentiellement à Chinatown, avec des enfants, mariage et remariage, chacun traversant sa crise de la quarantaine à sa façon, au choix : coucher avec la baby-sitter, coucher avec son ex, refaire sa vie avec l’opposé même de l’homme avec qui on a vécu pendant 10 ans. Quinze ans se sont écoulés depuis que Xavier a quitté les bancs de la fac. Skype a remplacé le téléphone commun de la colocation barcelonaise, lui a vieilli, sa vie a naturellement changé, mais il reste le même : incertain. Un personnage qui avance et recule, qui se confronte au mouvement de sa vie qu’il questionne sans cesse. Il n’a pas vraiment grandi, ni mûri, ni évolué, seulement effacé la niaiserie de l’étudiant de L’Auberge Espagnole. Au contact de son pote Isabelle, il lui arrive de lâcher un «arrête on n’a plus 25 ans» auquel on ne croit pas, en douce et tendre allusion destinée au spectateur, révélatrice du lien créé par Klapisch entre ses personnages et le public. Cette fois encore, il aborde un bon panel de sujets d’actualité : mondialisation, homoparentalité, immigration, divorce, mariage blanc, administration… le bouquet gagnant des débats de sociétés depuis plusieurs année.

Résultat, cette trilogie laisse un peu penser au principe de la série télé où il n’y a pas de place pour de nouveaux protagonistes forts. Le quatuor principal tient les ficelles de l’histoire et chacun pourrait même être le héros de l’histoire, ou d’une autre. Le pitch du film et ses situations de retrouvailles pas vraiment crédibles n’annonçaient pourtant pas une partie gagnée pour Klapisch. Mais son œil reste bienveillant, l’humour est subtil et spontané, la justesse toujours là. Ainsi, Casse-tête Chinois vient s’imbriquer parfaitement avec L’Auberge Espagnole et Les Poupées Russe, ce sont trois films finalement pas franchement différent, dont on ne se lasse pas non plus. Des films vitamine que l’on regarde pour chasser le blues. L’effet est instantané.

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