Site personnel du journaliste québécois Patrick White, couvrant la scène culturelle au Québec et ailleurs.

Le blog de Paradiso

CRITIQUE : Spectacle des Doux Cactus en hommage au 80e anniversaire des relations Canada-Japon

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Les citoyens du quartier Rosemont ont eu droit à un spectacle sympathique du groupe Les Doux Cactus hier soir, sur une scène extérieure adjacente au pub Rosemont. Cette formation est un curieux amalgame de country-rock 100% « keb » et de paroles chantées presqu'entièrement en... japonais!

Je dois dire que si la voix du chanteur laissait parfois à désirer, sa maîtrise du japonais m'a surpris et l'énergie du band dans son ensemble était contagieuse. Une section de cuivres très efficace a rajouté une bonne dose de « funk » à la sauce. Enfin, un des moment les plus surprenants a été la lente transition, en début de deuxième partie, entre un solo de taiko (sorte de gros tambour japonais traditionnel), puis un duo, auquel se sont greffés les autres musiciens pour évoluer vers un son plus rock.

Organisé par Hamelman Production et commandité par la bière Sapporo, cet événement avait pour but de célébrer le 80e anniversaire des relations diplomatiques entre le Canada et le Japon. C'est en effet en 1928, trois ans avant le Statut de Westminster (l'indépendance formelle de notre pays) que la première ambassade japonaise ouvrait ses portes à Ottawa. Bref, nous avons eu droit à une soirée inusitée dans un lieu inusité, en présence de quelques membres de la communauté nippone locale et même de « staff » tokyoïte du Cirque du Soleil travaillant sur le projet ZED.

CRITIQUE - « Québec, ville dépressionniste »

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Par Pierre-Etienne Paradis

« Qui aime bien châtie bien » pourrait bien résumer cet ouvrage, destiné à faire passer à la ville de Québec « un bien mauvais 400e ». Sur un ton emprunté aux situationnistes des années 68, les auteurs originaires de la Vieille Capitale nous y livrent un joli recueil de textes philosophico-trash.

Paru la semaine dernière, en même temps qu'Infiniment Québec, le documentaire de Jean-Claude Labrecque au ton exagérément célébratoire, Québec, ville dépressioniste vise au contraire à dénoncer l'« asservissement touristique » et le caractère de « ville empaillée » qui affligent ses vieux quartiers. L'ouvrage est bien documenté et présente des photos d'archives intéressantes. Si le ton est généralement vitriolique, une certaine dose d'humour fait tout de même passer la pilule de manière agréable.

L'ex-chanteur de Midnight Oil nommé ministre de l'environnement d'Australie!

Le flamboyant Peter Garrett, chanteur de la défunte formation Midnight Oil, vient d'être assermenté ministre de l'Environnement, du Patrimoine et des Arts par le nouveau premier ministre australien Kevin Rudd – qui a également entamé les démarches pour que son pays ratifie l'Accord de Kyoto! Il s'agit là d'un revirement politique spectaculaire par rapport aux positions du PM précédent John Howard. Bonne chance à M. Garrett, qui est la deuxième pop star d'envergure internationale à devenir ministre après le Brésilien Gilberto Gil (ministre de la Culture). Il faut cependant mentionner que l'implication politique de M. Garrett ne date pas d'hier. Dans les années 80, ses chansons étaient extrêmement politisées et il siégeait comme député depuis 2004. Demeurée « alternative » pendant 10 ans, la formation Midnight Oil a connu un succès planétaire avec l'album Diesel & Dust et plus particulièrement la pièce Beds Are Burning, parue en 1987 mais qui a commencé à jouer intensément sur les ondes radio québécoises l'année suivante.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/7124236.stm
http://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Garrett

Les B.B. cassent la baraque au party annuel de la revue Nightlife

Pour une surprise, c'en était tout une! Le groupe Les B.B. a ressurgi de nulle part sans avoir été annoncé, et a joué ses plus grands succès devant une foule en délire d'environ 500 personnes hier soir à la SAT. Ce fut sans contredit le point culminant du party annuel de la revue Nightlife, auquel tous les lecteurs étaient conviés.

Que de plaisir à entendre tout ce monde chanter à l'unisson les Fais attention, T'es dans la lune, Donne-moi ma chance et autres ballades qui ont rythmé le début des années 90.

Il y a des photos sur le site de Nightlife:
http://www.nightlifemagazine.ca/photo/album/17/?pageID=16

À quand le retour de Julie Masse, maintenant?

Les Nocturnes du MAC : cauchemar bureaucratique

J'aurais bien aimé vous entretenir de la performance du groupe électronique aux accents africains The National Parcs hier soir au Musée d'art contemporain de Montréal (MAC), mais j'ai « pété une coche » et je suis parti. L'idée des Nocturnes est en soi excellente, et la sélection des artistes alléchante. Mais franchement, il est ridicule de faire glander les gens plus de 45 minutes dans une formule qui se dit « 6 à 9 ». C'est qu'on a d'autres choses à faire! En 45 minutes, par exemple, j'ai pu faire mon épicerie hebdomadaire, puis prendre l'hebdo culturel du coin et me dégoter un bon petit film, dans cette ville grouillante d'activités.

La dernière fois, en septembre, la file d'attente monstrueuse devant les portes du MAC m'a fait manquer la première partie du set de We Are Wolves. Je me disais: « c'est normal la première fois, tout le monde doit acheter sa carte BRANCHÉ à 10$ et entrer ses coordonnées dans l'ordinateur. » Je croyais naïvement que, dans les Nocturnes suivants, l'achat de cette carte serait un fast track vers le début d'une fin de semaine bien méritée. Oh que non! Hier soir, il fallait faire la file quand même pour que la « vérification » de notre carte sur ordinateur nous donne droit à un ti-billet d'entrée. Ensuite, il fallait se taper la file des vestiaires et la file du bar...

Victimes de leur succès les Nocturnes, ou cauchemar bureaucratique? Les deux à la fois, probablement. Chose certaine, les 5 à 7 du Musée des Beaux-Arts tenus cet été étaient un peu moins intéressants (pas de live band), mais y entrer et se faire servir une consommation ne prenaient pas plus de cinq minutes au total. Ceci étant dit, je ne voulais pas faire mon « blasé »... Les Nocturnes du MAC ne coûtent presque rien, après tout. Mais le fait est qu'après une longue semaine de stress, faire poireauter les gens aussi longtemps pour quelque chose qui ne dure au maximum que trois heures, c'est pas gentil!

La (pas si) rebelle Yelle

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La chanteuse française Yelle a donné une performance honnête hier soir aux Saints de la rue Ste-Catherine, dans le cadre du festival Pop Montréal. Visiblement à l'aise et pleine d'énergie sur scène, elle a lancé sa bombe anti-macho Je veux te voir devant un public conquis d'avance. Je crois personnellement que l'ensemble du spectacle et de la musique de la jeune bretonne, première « vedette MySpace » en provenance de l'Hexagone, laissait cependant à désirer au plan de l'originalité. Mis à part les quelques hits qui se sont démarqués, les rythmes et le phrasé très répétitifs de cette prestation n'ont pas suscité de grand émoi chez le vieux routier que je suis. Bref, Yelle est encore à des années-lumière de la chanteuse de Vive la fête pour ce qui est de la pop bonbon, et de M.I.A. pour ce qui est de l'attitude féministe et des propos à saveur politique.

Mais il est certain que si Yelle est capable de sortir encore plusieurs brûlots comme Je veux te voir, elle aura un bel avenir. Et peut-être un jour y aura-t-il moins de crétins qui se pavanent en VUS sur le boulevard St-Laurent (il faut croire que ses propos ont eu une certaine portée, car Teki Latex de TTC a annoncé dans l'hebdo culturel Hour qu'il souhaitait voir « n'importe qui sauf Yelle » à Pop Montréal.)

Site officiel : http://yelle.fr

Michael Franti & Spearhead à la Ninkasi!

Les membres de Spearhead ont donné une deuxième performance intime, après s'être produits sur la scène Métro du Festival d'été de Québec hier soir (dimanche). Croyez-moi, il y a des lundis où il vaut mieux ne pas travailler, question de profiter pleinement de la magie et de l'électricité qui surviennent sans avertir!

Le jam session avait lieu à la Ninkasi (rue St-Jean) entre 1h30 et 3 heures du mat' devant une trentaine de personnes complètement survoltées. Faut dire que ce groupe américain dirigé par Michael Franti sait faire: du gros funk à tendance latino/new yorkaise a été joué avec un tempo et une précision métronomiques, à tel point qu'en fermant les yeux, j'avais l'impression d'être dans un club de house – ou d'entendre les Beastie Boys lorsque le rapper y mettait du sien. Merci à tous ceux qui étaient là pour votre énergie.

Donzelle à la Casa del Popolo : bR0che à F0In, gR0s Fun n0Ir

Wow! Spectacle haut en couleur hier soir à la Casa del Popolo avec Donzelle : http://www.myspace.com/dtodaondonzelle

Donzelle est le projet bizarroïde de la multi-talentueuse Violette Vilaine, animatrice à CISM, participante aux i-Pod battles, et chanteuse électro « trash » à ses heures.

Le « grand succès » de Donzelle en ce moment est un hymne au quartier portugais de Montréal intitulé Dddanse Luso (référence à Céline Dion pour le titre... mais sinon ce morceau est inspiré de la rappeuse ethno-grime M.I.A.).

Continue comme ça V.V., you represent my 'hood like no other.

Duncan Moore célèbre son anniversaire en grand CE SOIR à la SAT

Eh oui, déjà 35 chandelles pour notre ami Duncan Moore.

Polyglotte, cultivé, grand voyageur, frappant pour sa ressemblance avec un certain Woody Allen (humour inclus) et un brin charmeur, il est impossible que vous ne l'ayez jamais croisé dans les 5 à 7 de Québec et Montréal. Si ça vous tente de faire la fête avec nous le vendredi 23 mars, c'est un rendez-vous à la SAT! Il y aura 4 DJs, 2 VJs, détails ci-bas (RSVP par courriel).

http://www.voicesinthefog.com/2007/03/14/march-23-mars

La vie des autres : un pur chef d'oeuvre

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Je suis allé voir La vie des autres (Das Leben der Anderen, en nomination pour l'Oscar du meilleur film étranger) au cinéma Ex-Centris avant-hier et je ne peux que vous conseiller de faire de même. Ce film est un pur bijou! Malgré sa durée assez longue (plus de deux heures), je n'ai absolument pas vu le temps passer et j'ai été complètement absorbé par les dialogues et la subtilité du jeu.

Rappelons que l'action se déroule en Allemagne de l'Est (RDA) en 1984, soit juste avant que Gorbachev n'instaure la Glasnost en URSS et accorde une plus grande liberté d'expression aux citoyens du bloc de l'Est. Le résultat est un film d'espionnage où des conjoints, voisins et collègues de travail s'espionnent mutuellement, et où la STASI (police secrète) fait régner la terreur. On passe tout le temps à se demander qui flanchera en premier, qui trahira qui. Hallucinant! Ce film nous rappelle aussi que l'art et la culture étaient à l'honneur dans cette petite république. Toutefois les artistes pouvaient passer « de héros à zéro » s'ils perdaient la faveur du régime.

The Lives of Others (en v.o. allemande sous-titrée en anglais) est encore à l'affiche au Cinéma AMC-Forum, et au cinéma Le Clap à Sainte-Foy (v.o. avec s.-t. français).

http://www.clap.qc.ca/nc/programmation/film/?tx_claplistefilms_pi1%5Bfil...

http://www.cinemamontreal.com