The Besnard Lakes au Il Motore : unique et introspectif

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12 mars 2010 - 00:00
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Il y avait foule vendredi soir pour célébrer la sortie du troisième album des Besnard Lakes au Il Motore à Montréal. Formé au début des années 2000, le groupe dirigé par Jace Lasek et sa compagne Olga Goreas a déjà remporté un large succès critique tant ici qu’outre atlantique. En France, le magazine Rock’n’Folk avait salué leur deuxième album en le classant album du mois.

Malgré ce succès d’estime, les Besnard Lakes (avouez que ce nom est tout de même déroutant) n’ont jamais vraiment franchi les barrières d’un plus vaste succès.

C’est donc dans une petite salle situé au 179 Ouest de la rue Jean Talon que le groupe a établit ses quartiers pour livrer à ses fans montréalais les fruits de son nouvel opus.

Le public, qui forme une foule compacte, devra patienter avant leur venue avec un rutilant girls band : The Sunday Sinners. Cinq jeunes filles en bottines blanches immaculées singeant les groupes de garage sixties avec presque trop d’application. Ces nymphettes semblent en effet connaître sur le bout des doigts les tables de la loi du rock américain et anglais des années soixante. Très plaisant, mais pour l’originalité on repassera.

Il est 23h00 quant les Besnard Lakes font leur entrée sur scène. On sent tout de suite la tension qui les anime tant ils ont envie de faire bonne impression auprès de leur public. (Le groupe est basé à Montréal)

Avec son look de cowboy lunaire, Jace Lasek, le cerveau du groupe, ne tarde pas à annoncer la couleur. Dès les premières mesures les guitares crachent leurs effluves de feedback sur un public abasourdi. Le premier morceau, Like The Ocean, Like The Innocent; Pt. 1: The Ocean, tiré du dernier album, The Besnard Lakes Are the roaring night, nous plonge dans leur univers trouble et onirique.

Avis aux amateurs exclusif de rock binaire qui parle plus aux jambes qu’à la tête : passez votre chemin ! La musique des Besnard Lakes fait dans l’introspection.

Tiré aux meilleures sources (on sent une profonde filiation avec le son de My bloody Valentine, le groupe étendard du « shoegaze » anglais), leur rock sait conserver son originalité. La voix haute-perchée du chanteur (qui n’est pas sans rappeler celle de Brian Wilson des Beach Boys) alliée aux guitares hurlantes et dissonantes, créée un savant mélange de candeur et de désolation qui projette l’auditeur dans des contrées jusque-là inexplorées.
En cela leur musique reste une expérience unique.

Seul bémol, le groupe n’est pas toujours aussi inspiré et leur set oscille entre éclairs de génie et morceaux moins palpitants. Ils feront d’ailleurs appel en milieu de set à des titres du deuxième album pour rééquilibrer leur prestation. Ce qui vaudra au public le plaisir d’entendre ou de réentendre Disaster, un des morceaux emblématique du groupe, tiré de The Besnard Lakes Are the Dark Horse, leur deuxième album.

Mais mise à part de petites baisses d’inspiration, ce groupe à la présence scénique indiscutable, véhicule une identité propre qui lui permettra sûrement de passer l’épreuve du temps.

par Mathieu Germain.

The Besnard Lakes // The Besnard Lakes Are The Roaring Night // Jagjaguwar
http://www.myspace.com/thebesnardlakes

http://www.youtube.com/watch?v=Ify-buS9JUU

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