«12 hommes rapaillés» et un public en liesse au Grand-Théâtre de Québec

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C’était un soir de première à Québec hier, la salle Louis-Fréchette bondée et silencieuse, voire anxieuse, attendait patiemment l’entrée en scène des douze hommes rapaillés. Après avoir séduit les Montréalais aux Francofolies en août dernier, c’est au Grand-Théâtre de Québec que se déplaçait le spectacle tant attendu de Gilles Bélanger et Louis-Jean Cormier.

C’est une scène dépouillée de tout artifice qui s’offrait aux curieux, mélomanes et dévoués à la poésie de celui que l’on fait « poète national » du Québec, lors de son départ en 1996. Ici et là, une table et quelques livres épars, des instruments disposés en demi-cercle habillaient la grande scène, laissant une brèche immense au centre afin de permettre au personnage principal de s’exprimer librement : la poésie.

Pour rendre les poèmes de Miron vivant, Gilles Bélanger misera sur un pont générationnel puissant. Et il va sans dire, Bélanger réunit pour ce faire : Daniel Lavoie, Yves Lambert, Michel Rivard, Jim Corcoran, Pierre Flynn et Richard Séguin aux côtés de Louis-Jean Cormier, David Marin, Vincent Vallières et Yann Perrault. Quel mariage entre les générations et quel spectacle ce sera!

Le public est conquis dès le premier vers de « Je marche à toi » déclamé tout en douceur par un Yann Perreau serein. Les orchestrations sont magnifiques, la musique est entraînante et jamais chargée. Le texte respire simplement, les voix supportent biens, une mouche s’entend dans la salle et les pièces s’enchainent. Jamais on n’intervient entre les chansons, les égos sont au vestiaire, seulement la voix de Miron fait écho à quelques occasions. Des extraits d’entrevues avec le poète se feront entendre entre les passages musicaux.

Durant la soirée, jamais on ne mentionne les personnalités sur scène, les artistes ne prendront pas la parole pour la durée du spectacle. Seules les musiques s’enchainent, et on passera du country au rock, de la complainte à la ballade sans que l’on ressente des ruptures de ton entre les morceaux. Tout se fait dans l’harmonie, il faut pour ça remercier les brillants musiciens qui accompagnent la kyrielle de chanteurs populaires : Mélanie Auclair au violoncelle, Robbie Kuster aux percussions, François Lafontaine au clavier, Guido Del Fabro au violon et Mario Légaré à la basse.

Sinon quelques problèmes techniques sans grande importance, le spectacle, qui aura duré tout près de deux heures, n’aura jamais failli, ni perdus en émotions puissantes. La salle comblée à souhait a réservé un accueil très chaleureux à Gilles Bélanger lorsqu’il est apparu pour chanter en épilogue « Parle-moi ».

Le spectacle douze hommes rapaillés est possiblement un des plus beaux projets musicaux offerts au Québec depuis fort longtemps. Jamais la poésie québécoise n’aura été aussi bien saisie et honorée.

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Commentaires

Spectacle inoubliable ! j'y étais...

Cet article donne le ton et une mesure très juste à l'émotion qui régnait dans la salle Louis-Fréchette hier soir...

Merci Michaël pour ce partage...

klÔdy t.

"Le spectacle douze hommes rapaillés est possiblement un des plus beaux projets musicaux offerts au Québec depuis fort longtemps. Jamais la poésie québécoise n’aura été aussi bien saisie et honorée." - Michaël Lachance,

Le plus beau spectacle offert à Québec depuis ........

Je ne peux ajouter grand chose au texte et aux commentaires, sinon, que moi aussi j'y étais et je n'aurais pas voulu manquer ça! Mon mari est un neveu de Gaston Miron et m'a offert cette soirée et je l'en remercie. Nous avons assisté au plus beau spectacle, au plus vrai, mais je cherche toujours le mot juste et je ne trouve pas. Miron, tu les as tous dis, écrits, lus.... ils les ont chantés.... les poèmes vivants, rafraichis de la musique si délicieusement orchestrée, si magnifiquement interprètée. Que dire , la participation de tous, on sentait le respect voué à Miron, la passion, l'intensité, les spectateurs complètements séduits, la souplesse et la simplicité de la mise en scène laissait le champ libre l'émotion pure, on avait la chair de poule depuis le premier mot de Yann P. jusqu'au dernier de Gilles Bélanger. On voulait applaudir plus longtemps entre chaque pièce joueé on aurait éternisé le moment .... nos coeurs ennivrés nous en aurions voulu encore 2 heures de plus... tellement c'était jouissif, un plaisir ... y être était un honneur.... Merci à Louis-Jean Cormier....quelle présence...!
Nous aurion voulu vous garder plus longtemps, ils vous a fallu quitter si vite, 22h30!!! mais après vous avoir salués, les 12 Hommes rapaillées.... svp, une suite...! merci.
Marie de Québec

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